/news/routesenderoute
Navigation

État du réseau routier québécois: ça y va «lentement mais sûrement»

Après avoir explosé, le déficit d’entretien du réseau routier commence à se résorber

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le ministre des Transports François Bonnardel lors d’une conférence de presse qui avait lieu l’an dernier aux abords du chantier de l’autoroute Henri-IV, à Québec.

Coup d'oeil sur cet article

Grâce aux investissements records des dernières années, l’état du réseau routier s’améliore « lentement mais sûrement », fait valoir le ministre François Bonnardel, qui souhaite voir « moins de routes en déroute » dans Le Journal.

• À lire aussi: «Il y a des trous à chaque dix pieds»: le chemin Sainte-Foy met à mal les automobiles

• À lire aussi: Nos routes en déroute: des citoyens dépendants de trois ponts amochés

• À lire aussi: Et les 10 pires routes du Québec sont...

« Le dossier de “Nos routes en déroute”, j’en fais un peu une obsession depuis mon arrivée », a confié le ministre des Transports, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Malgré ce qu’illustrent les différents articles à ce sujet publiés dans nos pages depuis quelques semaines, M. Bonnardel assure que le Québec va dans la bonne direction pour diminuer le rattrapage requis en matière de travaux routiers.

Il ne s’en cache pas : la situation « ne s’améliore pas énormément », mais elle s’améliore quand même.

À preuve, le déficit de maintien d’actifs, soit une estimation de l’ensemble des travaux qu’il faudrait effectuer pour remettre nos routes en bon état, se chiffre maintenant à 17,9 milliards, par rapport à 18,7 milliards à pareille date l’an dernier.

La théorie du petit pas

« J’appelle ça la théorie du petit pas, on avance et on essaie d’en faire le plus possible », a-t-il expliqué.

En moyenne au Québec, une route sur deux manque d’amour. Cette tendance crasse est toutefois appelée à évoluer pour le mieux si les investissements massifs des dernières années se poursuivent. Et surtout, si les travaux annoncés continuent à se réaliser.

En cette matière, « le ministère livre la marchandise », martèle sans gêne M. Bonnardel. « De 2017 à aujourd’hui, on est passé à un taux de réalisation des travaux [annoncés] de 71 %, à près de 94 % en moyenne dans les trois dernières années », se réjouit-il.

Sur les 20 milliards $ investis sur notre réseau routier depuis 2018, environ 80 % ont été consacrés au maintien des actifs, soit à la remise en bon état des infrastructures. Les investissements en voirie locale ont aussi explosé (voir tableau).

« Les sommes sont considérables », fait valoir M. Bonnardel. « On veut en arriver le moins possible aux soins palliatifs, a-t-il illustré. L’idée derrière tout ça, c’est de dépenser des sommes de façon adéquate. »

Un éternel combat

Le défi demeure aussi imposant que les investissements requis pour sécuriser le réseau. « C’est un éternel combat, a-t-il résumé. [...] On part de tellement loin. Le réseau est tellement énorme qu’on en a pour des années. »

À ceux qui préféreraient que les 6 à 10 milliards $ estimés pour le tunnel Québec-Lévis soient consacrés à la remise en état de nos routes, M. Bonnardel rappelle qu’à l’heure actuelle, seulement 20 % des investissements servent à financer de nouvelles infrastructures.

« C’est facile pour certains de dire : [...] “ne sécurisez pas telle route, on n’a pas besoin du tunnel”, mais j’ai un équilibre à trouver dans tout ça. »

À l’avant-garde

Par ailleurs, contrairement à la croyance populaire, les pratiques d’asphaltage utilisées au Québec lors de travaux routiers « sont équivalentes ou supérieures » à celles observées en Ontario, dans l’État de New York et au Minnesota.

C’est du moins ce qu’indique une étude de la société américaine Applied Research Associates qu’a obtenue le ministère des Transports en mai 2020.

« C’est facile de dire : “Ah, le Vermont, l’Ontario ont des plus belles routes” [mais] [...] on a des particularités de sols qui sont bien différentes d’autres provinces », a rappelé le ministre Bonnardel.

L’expertise du Québec, constate-t-il, est souvent à l’avant-garde par rapport à d’autres administrations. 

Évolution du déficit de maintien d’actifs*   

  • 2017-2018 : 12,8 milliards $  
  • 2018-2019 : 14,6 milliards $  
  • 2019-2020 : 16,4 milliards $  
  • 2020-2021 : 18,7 milliards $  
  • 2021-2022 : 17,9 milliards $   

* Rattrapage nécessaire pour remettre les infrastructures routières en bon état.

Investissements prévus en maintien d’actifs sur 10 ans   

  • PQI 2018-2028 : 16,3 milliards $  
  • PQI 2019-2029 : 20,2 milliards $  
  • PQI 2020-2030 : 22,3 milliards $  
  • PQI 2021-2031 : 23,5 milliards $   

Taux de réalisation des travaux  

  • 2017 : 71 %  
  • 2020 : 94 %   

Nombre de chantiers   

  • 2017 : 700  
  • 2020 : 2000   

Montant des 5 dernières années en voirie locale    

  • 2016 : 174,7 millions $  
  • 2017 : 174,7 millions $  
  • 2018 : 224,7 millions $  
  • 2019 : 424,7 millions $  
  • 2020 : 514 millions $*  
  • 2021 : 357 millions $   

*Incluant 200 M$ provenant du pacte fiscal avec les municipalités

Source : MTQ

À VOIR AUSSI