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L’errance d’Éric Duhaime

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Le chef du Parti conservateur du Québec fascine et irrite en même temps. L’homme est infiniment plus complexe que ses coups de gueule permanents ne le laissent croire. C’est un homme d’une intelligence exceptionnelle et d’une vaste culture.

Celui-ci a été durant deux ans conseiller en développement démocratique au Maroc et en Mauritanie. Mais c’est en Irak qu’il a vécu, dit-il, son plus grand défi de carrière en collaborant à assurer la transition du pays dévasté vers la démocratie. À noter qu’il parle couramment l’arabe.

Éric Duhaime est un libre-penseur. C’est un libertarien qui se méfie de l’État, ce qui explique ses prises de position violentes contre la politique sanitaire du gouvernement Legault. Les complotistes ne le dédaignent pas.

C’est peu dire qu’il use d’ambiguïté et semble ambivalent, car il se contredit lui-même. Il n’ignore pas les nuances, mais une partie de lui, plus souterraine, les rejette. Car rien ne l’attire davantage émotivement que la polémique, l’exacerbation et la démesure.

Courage

Éric Duhaime est aussi courageux. En publiant en 2017 un ouvrage sur l’homosexualité, il s’est lui-même sorti publiquement du placard. Il y affirme que le combat pour les droits des gais est chose faite au Québec. Il écorche alors le lobby gai « trop bruyant et moins représentatif qu’il l’affiche ». En fait, ce défenseur de l’égalité entre hommes et femmes est convaincu que le lobby homosexuel tout comme le mouvement féministe radical victimisent ceux qu’ils assurent défendre.

Alors, que fera Éric Duhaime à la tête du PCQ ? Grâce à une autre personnalité complexe, Claire Samson, une sacrée combattante, Éric Duhaime a désormais ses entrées à l’Assemblée nationale. Ce couple redoutable ne permettra pas aux élus de respirer longtemps après la pandémie.

Éric Duhaime est habité par une obsession narcissique : être reconnu. Car il semble croire inconsciemment peut-être que son existence en dépend. Or, de ce chef politique détonnant, il faut s’attendre à tout. Enivré de son titre de chef, il risque d’éclairer la scène politique de pièces pyrotechniques.