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Québec solidaire veut obliger les grosses entreprises à investir en francisation

La porte-parole solidaire en matière de langue française, Ruba Ghazal.
Photo d'archives La porte-parole solidaire en matière de langue française, Ruba Ghazal.

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Québec solidaire veut obliger les grosses entreprises de Montréal à investir 0,5 % de leur masse salariale dans des cours de francisation pour leurs employés afin de freiner le recul de la langue officielle dans la métropole.

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Calquée sur le modèle de la Loi sur les compétences, aussi connue sous le nom de la «loi du 1 %», cette mesure s’appliquerait seulement aux entreprises sur l’île de Montréal dont la somme des salaires de leurs employés est supérieure à deux millions $.

La Loi sur les compétences prévoit que toute entreprise dont la masse salariale est de plus de deux millions $ doit investir 1 % de cette somme chaque année en formation de leur main-d’œuvre.

Elles peuvent décider de ne pas offrir cette formation, mais doivent tout de même remettre ces sommes au gouvernement, d’où la grande popularité de cette mesure, souligne la porte-parole de Québec solidaire en matière de langue française, Ruba Ghazal.

«Elles ont tout intérêt, et on vient leur donner tout un argument, pour donner de la formation à leurs employés. Pour la francisation, on propose la même logique où il y a un incitatif à franciser au lieu de payer», explique-t-elle, en entrevue avec l’Agence QMI.

La francisation en entreprise est essentielle dans le contexte où le Québec devra accueillir de plus en plus d’immigrants pour pallier la pénurie de main-d’œuvre est essentielle, affirme l’élue solidaire.

Si elle appuie l’offre actuelle en francisation au Québec, Ruba Ghazal soutient qu’elle n’est pas suffisante.

«Les gens suivent de la formation et reçoivent une compensation, mais dès qu’ils trouvent un emploi qui est parfois plus payant que de suivre un cours, ils vont le quitter et vont aller travailler [...] et à la fin les gens ne parlent pas nécessairement le français, surtout s’ils vont dans un milieu de travail où on parle anglais», explique-t-elle.

Selon un récent rapport de l’Office québécois de la langue française (OQLF) paru en août dernier, 40 % des entreprises de la province et 63 % de celles de Montréal ont exigé ou souhaité des compétences en anglais lors de leurs dernières embauches.

«Les employeurs doivent aussi mettre la main à la pâte dans la protection de la langue française au Québec et ça c’est une façon de le faire, qu’on leur exige ça», martèle Ruba Ghazal.

Les cours ainsi offerts devraient se faire sur les heures de travail afin d’encourager les employés à y participer.

Présentement, au Québec, quelques 9772 employeurs investissent de l’argent par le biais de la «loi du 1 %», mais Québec solidaire dit ignorer combien de ces entreprises sont situées précisément sur l’île de Montréal.