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La pandémie nous transforme et pas pour le mieux

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Photo d’archives, Agence QMI

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Notre vie sociale se déroule de plus en plus dans l’odeur des caniveaux. Il n’y a pas un jour où les médias ne nous rappellent pas les drames déchirants provoqués en partie par cette crise. Aucune horreur ne nous est épargnée.

On aurait pu croire que la pandémie, qui nous atteint tous, quoi qu’en pensent les têtes heureuses qui se vantent d’avoir traversé tous ces mois « sans problème », aurait tempéré les autres mauvaises nouvelles. Or c’est de morts et de dérèglement des esprits que nous nourrit l’actualité. 

Les femmes sont tuées par leurs conjoints, que des voisins décrivent trop béatement comme des hommes exemplaires, gentils et discrets. Dans les quartiers chauds de Montréal, on se tire dessus en faisant des victimes « collatérales », dont des enfants quasiment chaque semaine. 

Autochtones

L’on est submergé par des révélations fort documentées et par des rapports de commission sur les horreurs commises à l’encontre des enfants autochtones. C’est le gouvernement fédéral à l’époque qui avait chargé des communautés religieuses de les déculturer, avec le résultat qu’on connaît : des abus physiques et sexuels. Des Autochtones écrasés par le mépris et l’indifférence parlent désormais et se filment avant de mourir. Afin que le silence soit brisé. 

Les Québécois, les prétendus « colonialistes blancs », eux, ne sont pas épargnés. Or les Autochtones subissent encore un racisme systémique, mais cela les autorise-t-il à confondre les conquérants britanniques passés avec les Blancs, porteurs­­­ d’eau, sous-instruits et discriminés eux aussi ?

Mais il existe aussi des Québécois de souche qui sont de culture woke, moralisateurs et censeurs, à la recherche de frissons idéologiques. Ceux-là souhaiteraient être racisés ou devenir autochtones, ce qui est une insulte aux groupes discriminés­­­. 

Comment faire triompher la justice alors que des murs s’érigent pour rendre impossible toute parole libérée des préjugés ?

Déconfinement

On ne cesse d’être surpris par la forte émotion qui habite les citoyens en voie d’être déconfinés. Et pourtant, l’arrivée d’un nouveau variant est toujours possible. Comme si cet enfermement vécu par plusieurs comme un emprisonnement disparaîtra en quelques semaines. C’est une erreur de nos sens abusés. La pandémie à la manière d’une guerre nous transformera tous.

Une routine s’est imposée à nous. Plusieurs se sont repliés dans un cocon psychologique et vaguement spirituel. Et avec le confinement est apparue une solitude difficilement tolérable. Même en couple, et parfois parce qu’en couple. 

La tragédie des CHSLD nous a renvoyés aux valeurs que nous prétendions partager. Or, les liens familiaux ne sont plus sacrés, à l’évidence, de même que le respect des vieux. Quant à l’amitié fidèle, elle n’a rien à voir avec les « amis » Facebook. Durant ces interminables mois, seuls les philosophes nous ont aidés à comprendre le chaos. Puisque les hommes de Dieu ont d’autres chats à fouetter, ces temps-ci.

L’amour a été malmené et la colère s’est tapie en nous. Car dans ces temps de perturbations alors que nous avions besoin de compassion, d’empathie et de bienveillance, l’envie­­­, la jalousie, la haine relayées par les réseaux sociaux et les médias ont éclaboussé tant de gens. On est sans mot.