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L’art de banaliser la stupidité

SÉRIES : Golden Knights vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Paul Byron a discuté avec l’arbitre Dan O’Rourke, sous les yeux de son collègue Chris Lee, dimanche.

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La rengaine est aussi ancienne que la Ligue nationale de hockey. Les séries venues, les arbitres mettent leur sifflet dans leur poche et on assiste à des actes comme celui que Brayden McNabb a posé à l’endroit de Nick Suzuki, dimanche soir, au Centre Bell.

Placé à deux pieds de la scène, Chris Lee aurait eu le temps de prendre une photo. Il n’a pas levé le bras pour signaler qu’il y avait infraction.

Mais on sait bien.

Les nonos sont les amateurs qui dénoncent l’arbitrage, ceux qui n’ont jamais joué la game et ceux qui n’ont jamais arbitré.

Après ça, la LNH a le culot de dire qu’elle est un circuit professionnel majeur.

Une vraie farce !

Ça fait ligue professionnelle mineure et, encore là, c’est une insulte aux ligues mineures et de calibre junior.

Ta gueule ou paies !

Si ce n’était que ça.

Quand un propriétaire, un entraîneur ou un joueur dénoncent l’incompétence de certains officiels, ils doivent signer un chèque à la ligue pour avoir mis en doute l’intégrité des fautifs.

Rappelons-nous la charge de Tom Wilson, des Capitals, aux dépens d’Artemi Panarin dans les derniers jours de la saison régulière.

Le propriétaire des Rangers, James Dolan, a écopé d’une amende de 250 000 $ pour avoir dit que George Parros était inapte à diriger le comité de sécurité des joueurs.

Après le cinquième match de la série qui opposait les Bruins aux Islanders, l’entraîneur de l’équipe bostonienne, Bruce Cassidy, a déclaré que les arbitres infligeaient plus de pénalités à son équipe qu’aux Islanders. 

« Je crois qu’ils considèrent cette équipe comme les Saints de New York, et non comme les Islanders de New York », était-il allé jusqu’à dire.

La LNH l’a soulagé de 25 000 $.

Comme si c’était normal

Le pire, c’est lorsque j’entends un entraîneur ou un joueur dire qu’ils n’ont aucun contrôle sur l’arbitrage, que c’est ainsi dans les séries et qu’il faut s’y faire.

Voyons donc !

C’est comme si ça fait partie des règles.

Les acteurs de la LNH en font une banalité.

Gary Bettman devrait passer moins de temps à faire du P.R. auprès des réseaux de télévisions et des commanditaires, et s’occuper davantage de l’image de son produit.

Campbell encore en poste

Colin Campbell est quelqu’un dont on parle peu. Il est directeur des opérations hockey de la LNH. Il est de la vieille école.

On parle d’un dirigeant qui a avoué avoir envoyé des courriels au directeur de l’arbitrage, Stephen Walkom, pour se plaindre d’une pénalité que l’arbitre Dean Warren avait infligée à son fils, Gregory Campbell, alors avec les Panthers de la Floride, lors d’un match contre les Bruins en 2007. 

Il avait même suggéré à Walkom qu’il devait y avoir un moyen de se débarrasser de Warren. Ce qui fut fait un an plus tard.

Warren a porté sa cause devant la commission des normes du travail de l’Ontario. Celle-ci a refusé sa demande d’être réintégré dans ses fonctions, mais elle a intimé la LNH de lui verser la prime de séparation à laquelle il avait droit.

L’affaire traîne encore devant les tribunaux tandis que Campbell est toujours à l’emploi de la Ligue nationale.

Pas d’appui

Ça montre dans quelles conditions les arbitres travaillent, même si aucun d’eux ne veut l’admettre.

Leur intégrité ne peut être mise en doute, quoiqu’on a parfois la désagréable impression en regardant les matchs du Canadien dans ces séries de revoir le traitement que les officiels gardaient pour les Nordiques.

L’an dernier, le défenseur Matt Niskanen, des Flyers de Philadelphie, s’en était tiré sans suspension après avoir fracassé la mâchoire de Brendan Gallagher avec un double échec.

L’autre soir, c’est Corey Perry qui s’est fait astiquer le visage par le bâton de Jonathan Marchessault sans que le joueur des Golden Knights soit pénalisé.

Oui, les joueurs du Canadien ne sont pas blancs comme neige. Des coups salauds, ça se donne des deux bords.

La solution serait pourtant si simple. Si les règlements étaient appliqués à la lettre, les joueurs en viendraient à s’y conformer.

Comme ce fut le cas au retour du lock-out en 2005. 

Un homme du monde

Julien BriseBois, directeur général du Lightning de Tampa Bay, décrit parfaitement Tom Kurvers, cet ancien défenseur du Canadien qui nous a quittés hier.

« Il y a beaucoup de gens formidables dans le monde du hockey, mais Tom s’est démarqué comme le plus gentil et le plus humble », a dit BriseBois en commentant le décès de Kurvers.

Tom Kurvers était effectivement un homme bien. Il n’a disputé que deux saisons à Montréal, mais il n’oubliait pas les gens qu’il y avait connus.

Chaque fois que mon travail m’amenait dans une ville de la Ligue nationale où il a joué puis travaillé à titre de gestionnaire d’une équipe, il venait me piquer une jasette.

Lauréat du Hobey-Baker 

Originaire de Minneapolis, au Minnesota, il reçut en 1984 le trophée Hobey-Baker décerné au joueur par excellence des rangs universitaires américains. Cole Caufield a obtenu cette même distinction cette année.

Kurvers était un défenseur à caractère offensif. À sa première saison avec le Canadien, en 1984-1985, il récolta 45 points en 75 matchs. Il en totalisa 30 en 62 rencontres la saison suivante, alors qu’il fut incommodé par une blessure.

Le Canadien remporta la coupe Stanley cette saison-là, mais Tom ne participa à aucun match des séries.

Un mauvais épisode

Kurvers a joué ensuite à Buffalo, au New Jersey, à Toronto, à Vancouver, à Long Island (Islanders) et enfin à Anaheim.

Il venait de connaître une saison de 66 points avec les Devils quand il fut échangé aux Maple Leafs en 1989, en retour du premier choix au repêchage de l’équipe torontoise en 1991.

Les Devils utilisèrent ce choix pour repêcher un certain Scott Niedemayer au troisième rang. Kurvers n’aimait pas se faire rappeler cette transaction considérée parmi les pires de l’histoire des Leafs par les médias torontois.

L’homme derrière cet échange était Gord Stellick, le même qui céda Russ Courtnall au Canadien contre John Kordic.