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Protection du territoire: le Québec premier au pays, mais doit faire mieux au sud

83 projets d’aires protégées ont été bloqués, ce qui inquiète des écologistes

carte coupes forestières lanaudire
Photo d’archives Le parc régional de la Forêt-Ouareau, dans Lanaudière, un exemple de territoire dont la protection fait débat.

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Le Québec est un premier de classe au Canada pour ce qui est de la protection du territoire, mais il perd des plumes, car il a cédé aux intérêts des industriels, selon un recensement de la Société pour la nature et les parcs du Canada.

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« Le Québec a modernisé sa loi, il a fait des investissements concrets, il y a des résultats. Aucune autre juridiction n’a une feuille de route aussi impressionnante », note le biologiste Alain Branchaud, directeur général de l’aile québécoise de l’organisme environnemental. 

Avec sa note de A -, le Québec est au premier rang, et de loin. Les points positifs : le Québec a pris un engagement ferme de protéger 30 % de son territoire en 2030. Après un blitz du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, le Québec a pratiquement atteint la cible de 17 % de protection de son territoire.

Le Québec a également introduit le concept d’aire protégée d’initiative autochtone.

Bémols

Mais il y a des bémols. « Il y a des points négatifs qui font la différence entre un A +, avec distinction, et un A - », explique M. Branchaud. « Le Québec s’est vu attribuer la note de A - parce qu’il a été incapable de se positionner contre les intérêts industriels afin d’établir les aires protégées proposées dans le sud de son territoire », note l’organisme.

En effet, 83 projets d’aires protégées situés plus au sud, dans des régions comme l’Outaouais, les Laurentides, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et l’Abitibi-Témiscamingue, ont été bloqués par le ministère des Forêts.

Autre élément inquiétant, selon M. Branchaud : les limites floues qui entourent le nouveau statut d’aire protégée avec utilisation durable (APUD). Il a lui-même dénoncé dans nos pages un projet pilote sur l’île d’Anticosti qui permettrait possiblement le maintien d’activité forestière. Il craint que le ministère des Forêts n’utilise ce projet comme « cheval de Troie ».

L’UICN se questionne

Il n’est pas le seul à se poser des questions. Selon nos informations, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un organisme de certification, a écrit au premier ministre François Legault.

Dans cette missive obtenue par Le Journal, l’organisme note que la loi « ne précise pas les activités qui y seraient interdites » et met en garde le Québec : pour se conformer aux normes internationales, une aire protégée ne peut pas permettre une « exploitation industrielle des ressources naturelles », même si elles ont une certification durable.

« Si l’exploitation forestière industrielle est pour être autorisée dans ces aires d’utilisation durable proposées [...], elles ne contribueraient pas au pourcentage de superficie protégée ou conservée », peut-on y lire. 


Le bulletin des provinces  

  • Québec : A -   
  • Terr. du Nord-Ouest : B+  
  • Nouvelle-Écosse : B  
  • Yukon : B -  
  • Nouveau-Brunswick : B -  
  • Colombie-Britannique : C  
  • Manitoba : C -  
  • Saskatchewan : D  
  • Alberta : E  
  • Ontario : E  
  • Terre-Neuve : E   

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