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Paul Bernardo restera détenu à cause des risques de récidive

Le criminel a essuyé un deuxième refus, mardi, pour obtenir une libération

Paul Bernardo
Photo d’archives Paul Bernardo en décembre 1995 au pénitencier de Millhaven, près de Kingston.

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Même en offrant de se castrer chimiquement, le meurtrier et violeur notoire Paul Bernardo n’a pas réussi à convaincre la Commission des libérations conditionnelles de le remettre en liberté.  

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«Vous présentez toujours un risque élevé de commettre des crimes sexuels», a lancé la commissaire Maureen Gauci, en refusant au détenu de 56 ans de réintégrer la société.

Paul Bernardo, déclaré criminel dangereux, est détenu depuis maintenant 28 ans pour les meurtres sordides de deux adolescentes, en Ontario. 

Leslie Mahaffy, 14 ans, a été kidnappée, torturée puis tuée en juin 1991. À peine 10 mois plus tard, Kristen French, 15 ans, a subi le même sort. 

Détenu depuis 1993, Bernardo est admissible à une libération conditionnelle totale depuis 2018. Il s’était alors vu refuser ce privilège, puisque les commissaires jugeaient qu’il n’avait pas montré assez d’introspection. 

Depuis, rien n’a changé. Un agent de probation a expliqué hier aux commissaires que depuis ce refus, Bernardo n’a pas complété un seul programme de réhabilitation en détention.

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Contrôle de sa libido

Le détenu a pour sa part assuré avoir énormément changé, en travaillant notamment sur ses «déviances». 

«J’ai cessé tout comportement déviant depuis deux ans et demi. J’évalue mon niveau de risque à faible. J’accepte mes erreurs, mes risques, c’est pourquoi j’accepte de prendre une médication pour contrôler ma libido», a-t-il expliqué, ajoutant s’empêcher de se masturber «pour gérer ses envies».

Témoignant du pénitencier de Millhaven, en Ontario, où il passe la majorité de son temps en isolement, Bernardo a dit reconnaître l’odieux des crimes qu’il a commis, avant de blâmer son ex-épouse et complice, Karla Homolka. 

«Elle a menti pour obtenir 12 ans», a-t-il dit, en référence au fait que la criminelle notoire a conclu une entente avec la Couronne, acceptant de témoigner contre Bernardo à son procès en échange d’accusations réduites. 

En refusant de le libérer, la commissaire Gauci a noté que le délinquant a «toujours des comportements contre-productifs au développement de l’introspection nécessaire». 

Une décision qui a rassuré les familles de Leslie Mahaffy et de Kristen French, qui se battent depuis 2018 pour que Bernardo reste détenu. 

«Des audiences comme celles-ci sont extrêmement difficiles pour [ces familles]», a indiqué après l’audience Me Tim Danson, qui représente les parents des deux victimes.

Il a d’ailleurs lu devant les commissaires une lettre écrite par la mère de Leslie Mahaffy, déplorant que Bernardo puisse faire à nouveau une demande de libération tous les deux ans. 

«Cette fois encore, les désirs de Bernardo nous sont infligés puisqu’il s’insère une fois de plus dans nos vies, nous forçant à nouveau à revivre ces horribles et terrifiants souvenirs», a lu l’avocat. 

« Qu’il pourrisse en prison »

Selon les parents de Leslie Mahaffy, Bernardo doit passer le reste de sa vie en détention, «la sécurité publique n’en demande pas moins».

«Nous avons eu à accepter ce qui est arrivé à notre précieuse fille, mais nous ne pouvons et n’allons pas accepter la possibilité que cela arrive à une autre innocente victime des mains du même prédateur», a ajouté Donna French, la mère de Kristen. 

Une des survivantes de Paul Bernardo, qui a été agressée sexuellement, a pour sa part dit espérer qu’il «pourrisse en prison».

«J’aimerais lui pardonner ses crimes, mais c’est horrible, ce qu’il m’a fait endurer ainsi que ce qu’il a fait à Leslie et Kristen. Il a brisé mon âme en morceaux. Chaque jour de plus qu’il passe à l’ombre est un cadeau», a-t-elle témoigné. 

Paul Bernardo a également violé 14 femmes à Scarborough, en Ontario. Il a aussi été reconnu coupable pour l’homicide involontaire de sa belle-sœur de 15 ans, Tammy Homolka. 

Après l’audience, Me Danson a aussi fortement suggéré que si Paul Bernardo demande à nouveau d’être libéré, l’audience ne se tienne pas les jours suivants le triste anniversaire de décès d’une des victimes, comme c’est le cas pour Leslie Mahaffy, qui a été assassinée il y a 30 ans, le 16 juin 1991. 

«C’est une période qui est extrêmement stressante pour eux», a-t-il déploré.  

  

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