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Gilbert Rozon poursuivi à nouveau pour 1,3 million $

Gilbert Rozon poursuivi à nouveau pour 1,3 million $
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L’ex-magnat de l’humour Gilbert Rozon n’en a définitivement pas fini avec la justice avec une quatrième poursuite civile déposée contre lui, cette fois par celle qui lui a valu un procès criminel qui s’est soldé par un acquittement en raison du doute raisonnable.

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« Dans son témoignage lors du procès criminel, [Rozon] a menti non seulement en niant la version de la demanderesse, mais également en inventant de toutes pièces un scénario qui inversait les rôles, un scénario grotesque dans lequel c’est elle qui était l’agresseur, et Rozon la victime », déplorent les avocats d’Annick Charette dans une poursuite civile de 1,3 million $ déposée ce mercredi au palais de justice de Montréal.

Mme Charette, qui est aujourd’hui secrétaire générale-trésorière de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC–CSN), souhaite ainsi que « justice soit faite » et que « les mensonges de [Rozon] soient exposés » afin qu’il paye pour le viol qu’elle dit avoir subi en 1980, alors qu’elle n’avait que 20 ans. 

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Contrainte

Selon la version de Mme Charette, le viol est survenu à la suite d’une sortie dans une discothèque. Le magnat déchu de l’humour aurait trouvé un prétexte pour l’emmener dans une maison et lui faire des avances.

La femme a refusé et sous l’insistance de Rozon, elle se serait débattue. Puis, le lendemain matin, Rozon aurait commencé à la violer pendant qu’elle dormait.

« Elle se sent contrainte, dominée et oppressée, peut-on lire dans le document de cour. Habitée par un sentiment de fatalité, elle ne se défend pas, se disant qu’il s’agit de la façon la plus rapide que ça se termine. »

Or, Rozon avait lui aussi témoigné, jurant avoir respecté le consentement et se plaçant en victime. Selon lui, c’est Mme Charette qui a profité de lui pendant qu’il dormait, ajoutant s’être « laissé faire » et avoir « accepté [son] sort parce que ça [l]’arrangeait ».

« En écoutant l’histoire sordide créée par [Rozon], [Mme Charette] a eu le sentiment qu’on la violait une deuxième fois », peut-on lire dans la poursuite civile.

La version de Rozon avait finalement réussi à soulever un doute raisonnable, et ce même si la juge avait cru la victime.

« L’analyse du témoignage démontre qu’elle est crédible : elle témoigne de façon honnête, sincère, sans biais et sans exagération », avait dit la juge Mélanie Hébert.

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Balance des probabilités

Si la cause au criminel s’était soldée par un acquittement en raison du fameux doute raisonnable, ce sera une différente affaire en cour civile. Car dans ce forum, le juge devra évaluer la « balance des probabilités » si bien que si Mme Charette est davantage crue par rapport à Rozon, elle pourrait ainsi avoir gain de cause.

Et si c’est le cas, Rozon ne risquera pas la prison, mais plutôt de voir son portefeuille ponctionné. Pour Mme Charette, le montant devrait être de 1,3 million $, non seulement pour le viol qu’elle dit avoir subi, mais aussi pour le comportement de Rozon lors du procès criminel.

Avec cette poursuite, Mme Charette est devenue la quatrième femme en deux mois à poursuivre Rozon au civil. Le collectif Les Courageuses avaient tenté de le poursuivre dans une action collective, mais elles avaient été déboutées pour des raisons techniques : selon le tribunal, chacune des femmes devait plutôt poursuivre individuellement.

En plus de cette série de poursuite qui pourrait bien continuer, Rozon fait aussi face à une autre procédure, cette fois par le nouveau propriétaire de son ancienne maison, qui lui réclame plus de 400 000 $ pour vices cachés.