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Fête nationale: la fierté québécoise amochée

Spectacle de la Saint-Jean
Photo d’archives, Martin Chevalier Les Québécois peuvent être fiers de leur histoire.

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Chaque année, le 24 juin, les Québécois célèbrent leur fête nationale et se disent fiers de leur langue, de leur culture, de leur identité. 

La radio joue les classiques québécois qui parlent de ce coin d’Amérique que nous avons modelé au fil des siècles, depuis que Jacques Cartier y a mis le pied en 1534 et que Samuel de Champlain a entrepris d’y construire un pays en 1608. 

Mais convenons d’une chose : au fil des ans, la Saint-Jean a perdu de sa superbe. 

Tout simplement parce que la fierté québécoise est amochée. 

Échecs

Cela se comprend. 

Le Québec, avec les années 1960, a engagé toute son énergie collective dans une quête d’indépendance. Il a échoué et n’est même pas parvenu à se faire reconnaître comme société distincte au Canada. Ce n’est pas la pseudo-reconnaissance symbolique de la nation actuellement envisagée qui change quoi que ce soit à cette réalité.

Investir autant d’efforts dans une cause avortée n’est pas sans conséquence. Le Québec paie encore aujourd’hui le prix de l’échec de l’indépendance. Les Québécois voient moins grand collectivement aujourd’hui qu’il y a quelques décennies.

Et dans le Canada multiculturaliste, sa différence est de moins en moins tolérée. Même notre modeste loi 21 y est diabolisée à temps plein. Elle sert même de bouc émissaire quand un Ontarien de London commet un attentat contre une famille musulmane. 

Par ailleurs, depuis vingt-cinq ans, nous subissons une propagande culpabilisante incessante qui touche particulièrement la jeune génération.

On nous a d’abord accusés de nationalisme ethnique. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Maintenant, on nous accuse de racisme systémique en plus de salir notre histoire, comme si depuis l’origine, nous étions de trop chez nous. 

Qui ne se conforme pas au dogme du multiculturalisme est accusé de verser dans l’intolérance et de se fermer à l’autre. 

Et pourtant, il y a de quoi être fiers. Car 250 ans après la Conquête, qui était censée nous faire disparaître, nous sommes toujours là. Wolfe, Durham, Macdonald, Trudeau, pour l’instant, ont échoué.

Les Québécois ont résisté à toutes les tentatives pour en finir avec eux. Notre existence est une victoire improbable. Nous nous sommes entêtés dans l’existence. 

Et encore aujourd’hui, nous vivons, nous chantons, nous aimons, nous célébrons, nous créons, nous débattons en français. 

Cette résistance, à l’échelle de l’histoire, est magnifique et devrait être sans cesse célébrée, chantée, racontée !

Mais survivre n’est pas vivre. Et le temps presse. Car nous arriverons bientôt à un point de non-retour. Au Canada, notre extinction démographique est inévitable. 

Les mamours que nous font actuellement les élites fédéralistes sont ceux qu’on fait à un peuple que l’on croit enfin domestiqué. 

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté avec Vincent Dessureault sur QUB radio :

Indépendance

Au Québec même, la situation se dégrade. Les Québécois francophones sont de moins en moins les bienvenus à Montréal. Ils sont traités à la manière d’un résidu folklorique et en sont chassés symboliquement.

Mais les Québécois, au fond d’eux-mêmes, portent le désir d’être enfin maîtres chez eux. 

Bonne Saint-Jean ! Bonne fête nationale ! 

Et vive le Québec libre ! 

Oui. Vive le Québec libre. Il est temps.