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Quand le lac Saint-Jean se déchaîne

CABANA
Photo courtoisie Notre guide, Bruno Morency pose fièrement devant le résultat de notre courte sortie de pêche pour capturer du doré.

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Pêcher la ouananiche au lac Saint-Jean représente toujours un défi intéressant. On a beau tout prévoir, les équipements, les leurres, un bon bateau, c’est toujours le lac qui est le maître. Lorsqu’il se déchaîne, il n’y a rien à faire.

La semaine dernière, en compagnie d’amis et du guide professionnel Bruno Morency, nous nous sommes rendus au lac Saint-Jean pour tenter de déjouer quelques ouananiches. Nous avions soigneusement planifié nos trois journées d’aventure, avec l’espoir de revenir avec de belles prises. Dans nos préparatifs, nous avions oublié un joueur important : dame Nature.

Dès notre départ, on constate que la pluie sera au rendez-vous avec de légers vents. Cela fait partie de la pêche, et avec de bons vêtements et un bateau exceptionnel comme celui de Bruno, pas de crainte à avoir. 

LE VENT GÂCHE TOUT

Au lever du premier jour, tout le monde est nerveux et a hâte de commencer la pêche. Mon ami, Karl Tremblay, sera lui aussi de la partie. Il possède un bateau depuis de nombreuses années et navigue régulièrement sur le lac Saint-Jean. Avant de partir, il nous prévient que le vent est monté et que les vagues seront au rendez-vous.

Pour avoir accès au lac, il suffit de remonter la Belle Rivière. Dès que nous sommes en mouvement, je remarque que les arbres se font drôlement brasser et aussitôt que nous avons une vue sur le lac, la réalité molle saute aux yeux. Des vagues de trois à quatre pieds viennent se briser sur la plage. Disons que ça n’augure rien de bon.

Nous tentons notre chance, mais rapidement je demande à Bruno de revenir dans la rivière, parce qu’honnêtement, je ne voulais pas me faire brasser dans ces vagues de lac qui sont souvent sournoises. Nous décidons alors de revenir tenter notre chance dans la Belle Rivière où on nous a mentionné qu’il y avait de beaux dorés.

Comme le succès n’est pas au rendez-vous, Bruno communique avec ses contacts, pour finalement apprendre que dans le secteur de la pointe de Chambord, il n’y a pas de vagues puisque le vent souffle en sens inverse. Aussitôt, la décision est prise de remettre le bateau sur la remorque et de s’y rendre.

UNE PÉRIODE LIMITÉE

Effectivement, à notre arrivée, nous constatons que le lac est plus calme.

Patrice Bouchard pose avec la seule ouananiche capturée durant notre aventure.
Photo courtoisie
Patrice Bouchard pose avec la seule ouananiche capturée durant notre aventure.

Une fois la mise à l’eau faite, nous longeons la côte vers Desbiens. Malheureusement, pas de ouananiche sur le sonar. Plus chanceux de leur côté, Karl et son compagnon, Patrice, réussissent à déjouer une ouananiche qui a mordu sur la Flash King. Notre guide décide de changer de tactique afin de déjouer des dorés. Il tasse l’embarcation un peu vers le large et soudain, beaucoup de poissons envahissent l’écran du sonar. Ce sont des dorés. Rapidement, on installe des marcheurs de fond de 2 onces avec comme appât un poisson Luminus, à qui on rajoute un vers de terre sur les trépieds, et là, le bal commence. Tout va très bien. Les prises se succèdent lorsque soudain, on constate que le vent s’est levé et que les vagues sont de plus en plus grosses. Rapidement, nous prenons la décision de rentrer. La distance jusqu’au débarcadère n’est pas très grande, mais elle nous semble une éternité tellement nous nous faisons brasser. Plusieurs autres pêcheurs de la région décident de faire comme nous si bien qu’il y a un embouteillage au quai.

Le lac Saint-Jean venait encore de nous prouver qu’il était le maître en tout temps.

PAS DE PETITE OUVERTURE

Au cours des heures et des jours qui suivent, impossible de naviguer sur le lac. Même les pêcheurs les plus habitués choisissent de rester à terre. Notre aventure qui devait être mémorable s’est soldée par quelques heures de pêche seulement en trois jours. Les vents de 50 et même 60 km/h parfois n’ont jamais lâché. Certains pêcheurs, qui avaient choisi de tenter leur chance quand même, se sont fait rejeter sur les roches, entraînant des dommages importants à leur embarcation et leur moteur.

Malgré cette mésaventure décevante, je vais certainement retourner tenter ma chance pour déjouer des ouananiches du lac Saint-Jean, je vais mieux surveiller les prévisions météorologiques afin de tenir compte de la force des vents annoncés. Ils font toute la différence pour la pratique de la pêche.

EN BREF

UNE PÊCHE POPULAIRE

En consultant les chiffres de vente d’autorisations de pêcher de l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Jean (Clap), on constate que ce poisson magique attire toujours les amateurs. Ainsi, au 14 juin 2021, 7435 autorisations avaient été vendues par rapport à 6005 à pareille date en 2020. Cela représente une augmentation de 24 %. En 2020, les ventes totales avaient atteint 14 833 autorisations. On s’attend à atteindre un sommet de 18 393 unités. En 2020, les revenus totaux ont été de 496 200 $. Au rythme où vont les choses, la direction s’attend à des revenus de 615 300 $ en 2021. Pour renseignements : 1-888-866-2527 ou claplacsaintjean.com.

UNE EXPÉDITION SPÉCIALE

Grâce au déconfinement qui se déroule présentement, la fondation Sur la pointe des pieds pourra offrir une expédition de pêche très spéciale à des jeunes atteints du cancer. Ce tout nouveau programme se déroulera du 2 au 8 juillet prochain, sur la rivière des Escoumins. Pour la première fois en 25 ans, l’activité principale sera la pêche à la mouche. Pour en savoir plus : pointedespieds.com.