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Un sport de tricheurs

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Photo AFP Alex Rodriguez célèbre après avoir frappé un coup de circuit en septembre 2012.

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Tricheries et controverses. Deux mots qui reviennent souvent dans les chapitres de l’histoire du baseball majeur. Et ça ne date pas de la dernière pluie.

Voire même bien avant le premier match de baseball au petit écran. Un retour vers 1902. À cette époque, les instances du baseball majeur permettaient aux artilleurs d’utiliser une balle mouillée pour affronter les frappeurs. 

Les joueurs d’avant champ crachaient dans leurs mains et frottaient la balle induite de leur salive avant de la retourner vers le monticule. Le lanceur avait dans sa main une balle mouillée couverte de terre qui était impossible à frapper avec puissance, car elle était trop lourde. 

L’application des substances étrangères sur la balle ajoute du poids sur la surface, ce qui l’entraîne dans une rotation irrégulière, la rendant plus difficile à frapper. 

En 1908, le lanceur Ed Walsh, des White Sox de Chicago, a connu une saison de 40 victoires grâce à la technique de la balle mouillée. Et les portes du Temple de la renommée se sont ouvertes devant lui à la fin de sa carrière !

À deux lanceurs seulement

Pour la saison 1920, le baseball majeur a voté l’interdiction partielle de la balle mouillée, limitant son utilisation à seulement deux lanceurs par club. 

Le 16 août de la même saison, Ray Chapman, le joueur d’arrêt-court de Cleveland, est atteint à la tête par une balle mouillée. Il est le seul joueur de l’histoire du baseball majeur à avoir perdu la vie après avoir été atteint à la tête. 

Dès la saison suivante, la balle mouillée n’est plus permise, sauf pour 17 lanceurs qui bénéficient d’une clause grand-père jusqu’à la fin de leur carrière. 

Suite à cette tragédie, les autorités ont changé les règles. Les artilleurs pouvaient ainsi utiliser de la cire à chaussure, du jus de tabac ou tout simplement de la terre pour avoir une meilleure emprise sur la balle.

À Cooperstown

Le lanceur étoile Gaylord Perry a été élu au Temple de renommée en 1991. 

Dans son autobiographie publiée en 1974, il fait la nomenclature des substances utilisées dont de la salive, de la résine de pin en poudre pour changer la trajectoire de la balle. Drôle de personnage, il a fait ses aveux au moment où il lançait dans les majeures ! 

Un autre lanceur intronisé à Cooperstown, Don Sutton égratignait la balle. Voici d’autres produits illégaux utilisés au monticule soit une punaise pour égratigner la balle, du goudron à pin, de la vaseline, de la crème solaire et je pourrais en rajouter facilement 10 autres produits.

Je trouve que c’est un manque total de respect des frappeurs de critiquer les lanceurs quand ils sont probablement les plus grands tricheurs de leur sport. 

L’ancien joueur des Blue Jays, Josh Donaldson, qui accuse les lanceurs d’utiliser des manières douteuses, à tort ou à raison, doit faire un examen de conscience.

Il devrait préciser que tous les frappeurs qui ont utilisé des stéroïdes, dont Barry Bonds et Alex Rodriguez, devraient être déclarés non-éligibles au Temple de la renommée. Nombreux sont les cogneurs qui semblent avoir oublié qu’une partie de leur succès a été obtenue grâce à des manières peu orthodoxes. 

On se souvient que les frappeurs des Astros et des Red Sox ont été pris en défaut dans le but d’améliorer leurs performances. 

Sauf si je me trompe, aucun joueur n’a été suspendu et on ne leur a jamais retiré le titre de champions de la Série mondiale.

La Chasse est ouverte  

La période de la chasse arrive plus tard au courant de l’année, mais présentement dans le baseball majeur, c’est la chasse aux tricheurs. Les arbitres doivent surveiller si les lanceurs appliquent des substances illégales pour favoriser leurs tirs. Pourquoi ? 

Les frappeurs se plaignent que la rotation de la balle augmente le nombre des retraits au bâton.

Comme le dirait si bien mon ancien entraîneur aux Loisirs Saint-Eusèbe, c’est de la bouillie pour les chats. Aussitôt que les autorités du baseball étudiaient la possibilité de changer la zone des prises, plusieurs arbitres ont déclaré que la nouvelle zone augmentera d’une façon considérable les retraits à la plaque.

En conclusion, les lanceurs et les frappeurs trouveront toujours de nouvelles façons pour améliorer leurs statistiques et non pas le nombre de victoires pour leur équipe. Ils sont grassement payés pour leurs statistiques et non pas pour le rendement de leur équipe.

Abolir la défensive spéciale

Les penseurs autour du commissaire Rob Manfred doivent trouver une solution pour que chaque coup sûr soit amplement mérité. 

Dans un premier temps, la défensive spéciale à l’avant-champ devrait être non permise. 

Chaque joueur de champ intérieur devrait avoir ses pieds à l’intérieur de la zone de l’avant-champ. Le baseball majeur n’est pas une ligue de garage avec quatre voltigeurs, dont un à l’entre-champ. Les frappeurs gauchers sont défavorisés par cette défensive spéciale. Vous en doutez ? Depuis 2011, aucun frappeur gaucher n’a remporté le championnat des frappeurs dans la Ligue américaine.