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Une année scolaire qui peut nous rendre fiers

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Deux vagues de COVID-19 plus tard, l’année scolaire prend fin ces jours-ci pour nos jeunes du primaire et du secondaire. Le Québec aura réussi l’exploit de garder ses écoles ouvertes durant toute l’année.

Les débats sur la gestion de la pandémie sont loin d’être terminés. Certains soutiennent que le gouvernement en a trop fait, que les restrictions ont été trop sévères. D’autres à l’inverse sont convaincus qu’à chacune des vagues, il aurait fallu agir de manière plus hâtive et décisive pour éviter l’explosion des cas. 

À peu près tout le monde a critiqué des exemples d’incohérences apparentes entre les mesures. Pourquoi ceux-ci peuvent-ils se réunir à dix dans tel type d’endroit et pas tel autre groupe ? C’est tout un casse-tête pour un gouvernement de couper les contacts dans une population.

Trop sévère, pas assez sévère, pas cohérent ? Chose certaine, le Québec a maintenu des mesures sanitaires passablement strictes qui ont imposé des sacrifices immenses. Je crois qu’il est plus utile à ce moment-ci de se rappeler le pourquoi de nos efforts.

Sacrifices supplémentaires

Dès le début, le premier ministre avait annoncé sa volonté de garder les écoles ouvertes, quitte à ce que cela signifie des sacrifices supplémentaires ailleurs dans la société. C’est exactement ce qui s’est passé. Nous aurions probablement pu rouvrir les gyms et les restaurants plus tôt sans la propagation du virus dans les écoles. 

Une société se sacrifie pour garder ses enfants à l’école. Il s’agit d’une réussite, un exploit dont nous pouvons collectivement être fiers. Il s’agit aussi de l’une des choses les plus nobles autour desquelles un peuple puisse se rassembler. Protéger l’avenir lorsque le présent nous écorche.

Merci aux enseignants

Qu’elle ne fut pas simple cette année scolaire ! Les mesures de distanciation, le port du masque, les plus grands du secondaire à la maison un jour sur deux. Je lève mon chapeau aux enseignants qui ont navigué parmi les contraintes pour assurer la réussite des élèves. Coup de chapeau aussi à nos jeunes qui ont su s’adapter !

Il y avait toujours des centaines de classes fermées, à travers le Québec, cela dû à un ou des cas de COVID-19. Dans quelques cas, ce fut toute une école. D’un jour à l’autre, le groupe basculait en enseignement à distance.

Bien qu’il fût un dépannage précieux, nous avons aussi compris les limites de l’enseignement à distance. Surtout pour les plus petits. Pour plusieurs raisons pédagogiques et sociales, nos jeunes gagnent à être physiquement à l’école.

Ce que nous avons accompli n’est pas banal. En Ontario, par exemple, les écoles sont restées fermées depuis la semaine de relâche. Dans plusieurs États américains, même ceux qui se vantaient de mettre quelques milliers de personnes dans des stades sportifs, les écoles sont longtemps restées fermées.

J’ai souvent posé la question de notre priorité réelle, nous les Québécois, pour l’éducation. Ce sacrifice collectif de mon peuple pour ses enfants me rend extrêmement fier.