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Savard et Harvey qualifiées

Les deux nageuses ont travaillé conjointement pour atteindre leur objectif

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Photo d’archives Médaillée de bronze au 4x200 m libre à Rio en 2016, la nageuse Katerine Savard vivra ses troisièmes Jeux olympiques en juillet à Tokyo.

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Unies comme les doigts de la main depuis deux ans dans leur quête du rêve olympique, les nageuses Katerine Savard et Mary-Sophie Harvey vivront les Jeux de Tokyo ensemble.

Savard et Harvey s’entraînent sous la houlette de Claude St-Jean au club CAMO depuis deux ans. Elles ont vécu le report des Jeux et les nombreuses incertitudes ensemble tout en se poussant l’une et l’autre à se dépasser. 

« Sans Mary-Sophie, je ne serais pas là, a exprimé Savard, jeudi, après l’annonce de Natation Canada. Je veux la remercier. Je n’avais jamais eu de partenaire d’entraînement et je suis chanceuse d’avoir pu compter sur elle. Nous étions la seule comparaison l’une pour l’autre. C’était difficile mentalement, mais on se poussait l’une et l’autre. Je peux comprendre pourquoi les 10 filles au Centre national à Toronto performent aussi bien. »

« Je suis super fière qu’on soit toutes les deux sélectionnées et c’est un soulagement, de poursuivre Savard qui prendra part à ses troisièmes Jeux après ceux de Londres en 2012 et ceux de Rio en 2016 où elle a remporté le bronze au 4x200 m libre. Au Québec, c’est la première fois que deux filles du même club se qualifient pour les mêmes Jeux. Je veux aussi remercier notre entraîneur [Claude St-Jean]. Pour une fois, nous serons ensemble à Tokyo au lieu de nous battre l’une contre l’autre. »

« Le plus beau scénario »

Harvey abonde dans le même sens. « C’est le plus beau scénario qu’on pouvait imaginer après ces deux années de travail acharné. Nous étions les deux seules constantes dans toutes ces incertitudes. C’était assez difficile d’être la seule comparaison pour l’autre parce qu’on ne savait pas trop où l’on se situait. Je pense que ça ajoute au mérite d’avoir été sélectionnées. »

« Quand on a débuté ensemble en 2019, on n’allait pas bien, d’ajouter Harvey. Katerine revenait d’une pause et moi j’avais connu une période de réhabilitation d’un an et demi pour guérir mes blessures aux épaules, d’ajouter la nageuse native de Trois-Rivières. Ça démontre qu’avec de la résilience, on peut y arriver malgré les embûches. Je suis contente d’avoir persévéré et je vais continuer après Tokyo parce que je n’ai pas accompli tout ce que je voulais en natation. »

Si Savard avait déjà son billet pour Tokyo en poche après sa deuxième position au 100 m papillon, samedi dernier, Harvey a dû patienter jusqu’à lundi avant d’obtenir la confirmation de sa sélection. Savard lui avait toutefois servi un message qui l’a touchée droit au cœur quelques jours plus tôt quand elle n’a pas été en mesure de se qualifier pour la finale au 100 m dos. 

« Katerine m’a dit qu’elle était tellement contente d’aller à Tokyo, mais qu’elle ne voulait pas y aller sans moi, a confié Harvey. Nous étions très émotives et son message m’a beaucoup touchée. »

Dimanche, Savard et Harvey ont confirmé leur présence au relais 4x200 m libre en terminant respectivement en 4e et 5e position de l’épreuve individuelle. Savard prendra aussi part au relais 4x100 m libre.

Confiance fragile

Avant de se pointer à Toronto pour les essais, Savard n’était pas convaincue de pouvoir obtenir son billet pour la capitale nippone. « À moins de deux semaines des essais, je n’étais pas confiante de me qualifier, a-t-elle confié. Le film Nadia, Butterfly [Savard y tient le rôle titre] a reçu le prix de meilleur film du Rendez-vous Québec Cinéma et j’hésitais à lire la partie du texte où on parlait de mon rêve de prendre part aux Jeux de Tokyo par crainte que je ne réussisse pas à me qualifier. Je partais de tellement loin avec mon chrono de 2 min 5 s au 200 m libre réalisé au national en mars 2018 et je pensais que je ne serais pas capable de retrouver mon meilleur niveau. Tous les Jeux sont différents, mais ceux de Tokyo sont les Jeux dont je suis le plus fière en raison de mon parcours rocambolesque. »

À titre de comparaison, la nageuse native de Pont-Rouge a réussi un chrono de 1 min 57 s 6 lors des essais, terminant à quelques poussières de son meilleur chrono en carrière réalisé il y a plusieurs années.

Sa performance au 100 m papillon a pavé la voie à sa sélection au relais 4x200 m libre. « Je ne m’attendais pas à ça et j’étais tellement chamboulée que ça m’a donné un boost de confiance que je serais capable de bien faire en style libre. Contrairement aux essais de 2016 où j’avais peur de perdre au lieu d’avoir hâte de nager, je me sentais calme et posée cette année. Je ne me suis jamais sentie comme ça auparavant. »