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Duel entre deux grands adversaires

Van der Poel et Van Aert rêvent au maillot jaune

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Photo AFP Wout Van Aert et Mathieu van der Poel devraient se livrer une chaude lutte lors de la première étape du Tour de France.

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Pour ce grand départ du Tour de France, une chaude lutte semble vouloir se dessiner entre Mathieu van der Poel et Wout Van Aert, deux grands rivaux qui rêvent tous deux d’endosser le premier maillot jaune de 2021.

D’un côté, l’un des favoris du jour, Mathieu van der Poel (Alpecin-Fénix), portera les couleurs rétro de son illustre grand-père, Raymond Poulidor.

« On va faire le meilleur qu’on peut », a lancé sur scène mercredi le cycliste de 26 ans qui débute son premier grand tour.

Mathieu van der Poel
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Mathieu van der Poel

Son vis-à-vis, Wout Van Aerts (Jumbo-Visma), fera briller le maillot de champion de Belgique, fort de sa victoire lors de son championnat national la semaine dernière. Les deux adversaires, qui bataillent l’un contre l’autre depuis l’adolescence, s’échangent les titres mondiaux de cyclo-cross depuis 2015.

« Bien sûr, je pense au maillot jaune. C’est le rêve de tous les coureurs », a affirmé Van Aerts devant la presse internationale, vendredi. 

Pour cette première journée sans aucun répit entre Brest et Landerneau, l’organisation du Tour de France parle d’un paysage de carte postale, avec notamment les traversées de Locronan et de Quimper.

Très accidenté

Les relances consécutives aux nombreux changements de direction, les zones balayées par les vents sur les monts d’Arrée et une arrivée au haut d’une côte de trois kilomètres à 5,7 % de moyenne, dont un passage à 14 %, pourraient convenir à plusieurs autres stars.

Sur les 184 coureurs provenant d’au moins 26 nations, on pense à Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step), père d’un premier enfant depuis quelques jours, à Michael Matthews (BikeExchange), à Greg van Avermaet (AG2G Citroën), à Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) ou même au « vieux » Alejandro Valverde (Movistar), âgé de 41 ans, récent vainqueur de la 4e étape du Dauphiné.

De nombreuses équipes ont pris soin d’aller reconnaître la côte de la Fosse-aux-Loups, où sera jugée l’arrivée aujourd’hui. Évidemment, les rois du sprint et de la vitesse pure devront patienter avant d’envisager un jour de gloire.

Les prétendants à la victoire finale à Paris voudront éviter de perdre du temps en se tenant loin des chutes. Le Québécois Hugo Houle (Astana-Premier Tech) y voit une étape très exigeante d’entrée de jeu.

Des écarts à l’arrivée

« J’ai vu les 50 derniers kilomètres de l’étape et ça va être très intense. Les routes sont étroites avec beaucoup de changements de direction. Le Tour est nerveux et tout le monde voudra être à l’avant. Ça va créer du mouvement et l’approche de la montée finale est technique. Les trois derniers kilomètres sont très difficiles et ça va faire des écarts dans le peloton. »

Dès demain, le peloton devra attaquer la double ascension de la côte de Mûr-de-Bretagne. Le retraité Cadel Evans l’avait déjà dompté en 2011, puis Dan Martin en 2018. L’Irlandais est présent cette année avec la formation Israël Start-Up Nation. 

Les conditions gagnantes vers le jour de gloire  

D’ici le 18 juillet prochain sur les Champs-Élysées, une journée parfaite pourrait réunir toutes les conditions gagnantes pour voir Michael Woods, Hugo Houle ou même Guillaume Boivin vivre la plus belle journée de leur carrière.

En évoquant les conditions gagnantes, il n’est pas question du plan de Marc Bergevin pour remporter la Coupe Stanley ni d’un discours du PQ au sujet d’un troisième référendum, mais bien de la façon de gagner pour l’un des trois Canadiens sur les routes du Tour de France.

« Houle, Woods et Boivin sont tous capables de remporter une étape. Gagner, ce sont tous les éléments qui s’alignent en un instant. La bonne pause, la bonne montée, la tactique parfaite, la meilleure forme physique », explique le dernier vainqueur canadien Steve Bauer.

Woods est prêt

Sans surprise, Mike Woods est en pleine forme et ses chances sont excellentes même si les astres peuvent se brouiller en chemin pour bousiller le plan.

« Il aurait évidemment les meilleures chances d’arriver au sommet d’une montagne ou d’une étape de montagne sélectionnée. Guillaume et Hugo sont tous deux lieutenants. Leurs directeurs devront donc leur laisser une certaine liberté pour tenter une victoire en échappée. Ce n’est jamais facile, mais toujours possible », ajoute Bauer, désormais directeur pour Astana-Premier Tech et Hugo Houle.

« Je suis prêt. Les attentes pour moi sont moins élevées que pour d’autres. J’ai plus de liberté pour aller chasser des étapes. Je dois courir comme je l’ai fait cette année et c’est possible. Quand j’ai commencé à courir, je croyais que c’était impossible d’être le leader d’une équipe sur le Tour et j’y suis maintenant », a ajouté Michael Woods, qui vise aussi depuis des mois une place d’honneur à Tokyo tout de suite après le Tour.

Confiance élevée

Rassuré autant physiquement que mentalement, Hugo Houle a hâte de donner ses premiers coups de pédale. Il portera cette fois le dossard 186.

« À partir de la 7e étape, je pense qu’il y aura beaucoup d’opportunités pour mon équipe et aussi pour un coureur comme moi de prendre une échappée et de faire la différence avec un peu de chance et le bon timing. Ça sera le moment de briller », a terminé l’Olympien de Rio, plus confiant que jamais pour sa troisième participation.  

Les principaux favoris de l’épreuve  

Tadej Pogacar (UAE Emirates) 

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Le jeune Slovène n’a que 22 ans, mais il vise déjà un 2e sacre à Paris. Champion défendant, il porte le dossard numéro 1. Son équipe UAE Emirates est peut-être moins puissante que les Ineos, mais il n’a pas été intimidé l’an dernier. S’il écrase ses adversaires en montagne, le jaune ne lui échappera pas.

Primoz Roglic (Jumbo-Visma)

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L’autre Slovène plus expérimenté va-t-il prendre sa revanche ? Il a certainement encore en mémoire la perte de son maillot jaune à la toute fin de la bataille en septembre 2020. Roglic a remporté le Tour d’Espagne, mais ce n’est pas ce qu’il souhaite le plus. Sa formation est solide avec les Van Aert, Gesink, Kruijswijk, Kuss, Martin.  

Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick-Step) 

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Pour les parieurs, sa cote n’est pas la plus haute, mais il reste le meilleur Français pour son pays qui attend un nouveau gagnant du Tour depuis Hinault en 1985. Vêtu du maillot de champion du monde, il sera à surveiller. 

Geraint Thomas (Ineos-Grenadiers)

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Surpuissante, l’équipe Ineos-Grenadiers possède quatre aspirants sur les sept principaux favoris de plusieurs experts. Thomas, 35 ans, a remporté le Tour de France 2018. Il a terminé 2e l’année suivante. Sa 3e place au Dauphiné montre qu’il a le niveau.

Richie Porte (Ineos-Grenadiers)

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L’Australien de 36 ans a terminé 3e du Tour de France 2020 et il vient tout juste de gagner le classement général du Dauphiné. Il n’est pas le leader de l’équipe, mais il pourrait le devenir au fil des jours.

Richard Carapaz (Ineos-Grenadiers)

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L’Équatorien de 28 ans semble le plus solide actuellement. Vainqueur du Giro d’Italie en 2019 et récent champion du Tour de Suisse, il sera difficile à décrocher en haute montagne. La stratégie d’équipe pourrait toutefois lui nuire.

Tao Geoghegan Hart (Ineos-Grenadiers)

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Le Britannique de 26 ans a remporté le Giro d’Italie 2020 l’automne dernier dans une saison bouleversée par la pandémie. Il n’a jamais participé au Tour de France encore. 

Ce qu’il faut savoir à l’aube du 108e Tour de France  

  • 184 cyclistes
  • 21 étapes
  • 3414,4 km
  • Sur la ligne de départ, Tadej Pogacar (2021), Geraint Thomas (2018), Chris Froome (2013, 2015, 2016, 2017) et Vincenzo Nibali (2014) ont déjà gagné.
  • Quelque 41 coureurs ont déjà remporté au moins une étape.