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Les trésors perdus de Québec

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Le patrimoine fait la richesse d’une ville, d’autant plus dans une cité historique comme Québec, où on assiste à la démolition de nombreux bâtiments à valeur patrimoniale. Passé sous silence chez les candidats et candidates à la mairie, cet enjeu doit absolument s’inscrire dans la campagne électorale.

La liste de ces trésors perdus du patrimoine de Québec est, hélas, longue, depuis quelques années. En voici quelques-uns : maison Déry à Charlesbourg, maison des Pasquier et maison Moffet dans La Haute-Saint-Charles, église Saint-Cœur-de-Marie, église Saint-François-d’Assise et école Stadacona dans La Cité-Limoilou, Villa Livernois dans Les Rivières, maison Salaberry-Juchereau-Duchesnay à Beauport. 

Certains ont été incendiés, tous ont été peu entretenus ou carrément laissés à l’abandon jusqu’à tomber sous le pic des démolisseurs. On les remplace ensuite par de nouvelles constructions de faible valeur architecturale, ce que déplore un regroupement de 11 sociétés d’histoire de Québec, qui unissent leurs voix pour réclamer des engagements de la part des candidats et candidates à la mairie.

Meilleure consultation

Cinq grandes demandes sont ainsi formulées. On souhaite un meilleur encadrement de la protection du patrimoine bâti au pourtour des sites patrimoniaux, et la mise en place de programmes de mise en valeur, une stratégie de protection des intérieurs, de même qu’une meilleure consultation lors d’interventions archéologiques. 

Les sociétés d’histoire demandent aussi aux candidats de s’engager à nommer certains de leurs représentants à la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec et sur les comités d’urbanisme. Les gens des sociétés d’histoire s’avèrent ceux qui connaissent le mieux le patrimoine et les bâtiments les plus significatifs dans les différents arrondissements. 

« L’importance du patrimoine à Québec est capitale, et une bonne partie de son économie tourne autour », souligne Alex Tremblay-Lamarche, président de la Société historique de Québec et porte-parole de ce regroupement neutre et apolitique.

Ce dernier insiste : il ne faut pas voir que le Vieux-Québec, mais aussi tous les arrondissements. On y trouve une véritable mine d’or capable de générer de la fierté et un sentiment d’appartenance encore plus forts. 

Inestimable et irremplaçable

Que seraient aujourd’hui les grandes capitales européennes, si elles n’avaient pas su préserver leur patrimoine ? Elles ne présenteraient certes pas le même intérêt aujourd’hui. 

Québec n’échappe pas à cette réalité, d’autant plus que son histoire est encore très jeune.

Le patrimoine possède une valeur « inestimable et irremplaçable », a statué la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, dans un rapport alarmant déposé en 2020. Elle y soulignait de nombreuses lacunes pour assurer la protection des biens patrimoniaux au Québec. 

À Québec, les sociétés d’histoire s’inquiètent que le patrimoine soit protégé un peu trop à la pièce, plutôt qu’en termes de paysage. Jusqu’où ira-t-on avant de réaliser qu’il faut réfléchir autrement ?