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Un manque de personnel force la fermeture de l’urgence de l’hôpital de Gatineau

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L’urgence de l’hôpital de Gatineau fermera ses portes jusqu’à lundi en fin d’après-midi en raison du manque d’une vingtaine d’infirmières spécialisées pour assurer le fonctionnement sécuritaire des secteurs du triage et de la réanimation, ce qui pourrait forcer le délestage d’autres services à la population.

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Bien que prévisible, cette annonce faite samedi matin a eu l’effet d’une bombe en Outaouais, car l’urgence de l’hôpital de Gatineau est la plus grande de la région. Les patients et ambulances seront donc dirigés vers les urgences des hôpitaux de Hull et de Papineau, dans le secteur Buckingham, où les taux d’occupation dépassaient déjà les capacités maximales samedi en fin de matinée.

«Nous savions que nous allions frapper un mur. À force d’étirer l’élastique avec des heures supplémentaires obligatoires, les gens deviennent épuisés et l’employeur n’a pas voulu nous écouter», a indiqué à l’Agence QMI le responsable des relations de travail avec le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Louis Carpentier. M. Carpentier n’avait jamais vu l’application d’une telle mesure en plus de 20 ans de carrière.

L’organisme Action santé Outaouais se dit aussi très préoccupé par la situation, d’autant plus après la suspension temporaire du service des soins intensifs à l’hôpital de Gatineau survenue en septembre dernier.

«Nous sommes particulièrement préoccupés par le fait que la suspension temporaire de services essentiels devienne au fil du temps une nouvelle norme de gestion», a indiqué son président, Denis Marcheterre, dans une lettre envoyée samedi au ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Bataille politique

Le ministre Dubé et celui responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, disent suivre de près l’état des choses, mais pour le leader parlementaire de l’opposition officielle et ex-porte-parole de son parti en matière de santé et de services sociaux, André Fortin, cette situation est à la fois inconcevable, inacceptable et irresponsable.

«Le ministre Dubé doit prendre les choses en mains, car nous avons un besoin désespéré de leadership dans la région», a clamé le député libéral de Pontiac qui s’est dit alarmé de ce constat qui se pointe avant même le début des vacances estivales.

«Toutes les options ont été analysées avant d’en venir à cette conclusion. C’est toujours aussi difficile de réaliser à quel point la pénurie de personnel fait mal au réseau de la santé, et ce, depuis les années libérales», a répliqué par écrit Christian Dubé.

«Il faut que la situation soit rétablie rapidement, que l’urgence ouvre dès que possible et que ça n’arrive plus», a pour sa part tranché le ministre Lacombe.

Selon les intervenants consultés, il faudrait soit faire appel à des ressources d’autres régions ou offrir des primes estivales ou de dépannage pour résoudre la situation à court terme.