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Tour de France: deux Québécois chez les Bretons

Guillaume Boivin et Hugo Houle mettent la touche finale à leur préparation

Mi.ke Woods, Guillaume Boivin
Photo courtoisie, Yves Perret Les Canadiens Mike Woods (à gauche) et Guillaume Boivin se préparent à affronter les défis qui se dresseront au 108e Tour de France.

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Confiné depuis son arrivée, le Québécois Guillaume Boivin a vécu une partie de la fébrilité du 108e Tour de France lors de la présentation officielle des équipes, tenue hier dans le décor de la rade de Brest, un plan d’eau unique de la Bretagne à l’abri des tempêtes de l’Atlantique.

Il était 13 h 10, heure du Québec, lorsque le cycliste de 32 ans a enfin pu monter sur scène et saluer la foule pour sa première présence en carrière sur la Grande Boucle. Il a ainsi songé à son parcours sinueux des 12 dernières années.

Rapidement, son passage a été éclipsé par quelques mots en français de son illustre coéquipier Chris Froome au sein de la formation Israël Start-Up Nation.

Boivin a quand même pris le temps de savourer ce moment fort spécial. Le cyclisme étant ce qu’il est, impossible de dire si ce Tour de France sera le seul inscrit à son palmarès.

Pour diminuer les contacts, la présentation extérieure s’est déroulée à un rythme accéléré et avec un public restreint.

« Ça donne la chair de poule. On a fait une boucle en vélo avec la vue sur l’eau. C’était magnifique ! » a-t-il confié.

Avant d’enfourcher sa bécane pour 21 étapes et 3414 kilomètres, le Québécois vivra une journée plus tranquille aujourd’hui avec une courte sortie d’entraînement. « On a déjà reconnu les parcours des deux premières étapes. »

Retour des spectateurs

Hugo Houle semblait dans sa bulle au moment de la présentation des équipes, hier.
Photo courtoisie, Yves Perret
Hugo Houle semblait dans sa bulle au moment de la présentation des équipes, hier.

Pour sa part, l’autre Québécois Hugo Houle était fort heureux de revoir une partie de la foule après un deuxième Tour de France aussi tranquille qu’inédit en septembre 2020.

« Je suis surtout content de voir un peu de monde au départ ! C’est toujours impressionnant la présentation au Tour de France », a-t-il ajouté. En fin de pandémie, l’accès aux cyclistes reste très limité pour s’assurer que le peloton demeure en santé. « Il y a moins de risque que de marcher à la maison ! » a blagué l’olympien de Sainte-Perpétue.

En ce début de Tour, Guillaume Boivin évitera les distractions puisque ses parents n’arriveront que le 3 juillet pour la 8e étape entre Oyonnax et Le Grand-Bornand. Dans le contexte actuel, la logistique n’est pas simple et les supporteurs sont moins nombreux à voyager. 

Une grande fierté

« C’est un événement dans une vie. Il avait fait toutes les courses du circuit mondial, mais il lui manquait le Tour. C’est une grande fierté pour la famille », a souligné Marc Boivin. Ce dernier suivra ensuite la caravane jusqu’à la fin sur les Champs-Élysées. « On part pour deux semaines. Ça prenait nos deux doses de vaccin 14 jours avant de rentrer en France. Par contre, on ne pourra pas avoir accès à notre fils. Les mesures restent sévères, mais on sera là ! »

Après avoir bien terminé le Giro d’Italie le mois dernier, Antoine Duchesne sera également aux abords de la route pour encourager ses compatriotes et amis.

« Je suis vraiment content pour Guillaume, il le mérite vraiment. Hugo et Mike Woods peuvent faire de belles choses sur ce Tour. La 8e étape passe à 500 mètres de chez moi et j’y serai. » 

Un Breton qui sait ce qui attend les cyclistes

Établi au Québec depuis 28 ans, l’ancien cycliste breton Thierry Gréaux tient fièrement le drapeau du Tour de France.
Photo Stevens LeBlanc
Établi au Québec depuis 28 ans, l’ancien cycliste breton Thierry Gréaux tient fièrement le drapeau du Tour de France.

Avec ses pénibles ascensions qui feront souffrir les coureurs, ce début de Tour de France 2021 ne sera pas de tout repos selon un ancien cycliste breton qui habite au Québec depuis 28 ans. 

Originaire de Lorient, une cité portuaire du Morbihan, Thierry Gréaux connaît chaque lacet de route des quatre premières étapes. Juste avant la foutue COVID-19, il a pu pédaler dans son fief à l’été 2019.

« C’est le bout de la Terre ! Le cyclisme est à la Bretagne ce qu’est le hockey au Québec. Toutes les familles ont un marin-pêcheur ou un cycliste ! » lance ce passionné de vélo.

Le plus grand phénomène du cyclisme breton, et dernier vainqueur français du Tour de France en 1985, Bernard Hinault avait aussi son expression hier. « La Bretagne est la fille aînée du cyclisme. »

Routes étroites

Pour le public moins initié, ce sera l’occasion de découvrir les monts d’Arée, un massif montagneux ancien de la Bretagne occidentale. Dans cette région sauvage et préservée, les paysages devraient être surprenants.

« Ça monte et ça descend constamment. On y retrouve beaucoup de petites routes de campagne très serrées, avec des talus et des virages. C’est un pays propice aux échappées. Il n’y a pas de répit », ajoute M. Gréaux.

La météo pourrait également jouer des tours aux cyclistes qui devront éviter les chutes au cours des premiers jours de course.

Météo capricieuse

« La Bretagne, c’est beaucoup de pluie. C’est un peu le même temps que l’Angleterre. Frais et du vent. Ça ne fait pas un beau mélange. Ils vont passer à travers beaucoup de forêts. En sortant de Brest, ce n’est pas dangereux. En revenant vers l’intérieur, c’est plus à risque », explique le cycliste arrivé à Québec avec sa famille en 1993.

Il y a quelques décennies, le peloton attaquait déjà ce terrain accidenté sur le plateau de 53 dents. « C’est la répétition de ce genre de bosse qui donne mal aux jambes. C’est fait pour Julian Alaphilippe ou Mathieu van der Poel. Pas besoin d’être un vrai grimpeur en Bretagne. » 

En roulant au Tour de France... 

VINOKOUROV ÉCARTÉ DE L’ÉQUIPE ASTANA

Petite distraction à deux jours du départ au sein de l’équipe Astana-Premier Tech du Québécois Hugo Houle. Le fondateur de l’équipe kazakhe, Alexandre Vinokourov, a été mis à pied tard mercredi. 

L’arrivée de nouveaux dirigeants, dont le partenaire québécois Premier Tech, serait en partie liée à cette décision. Le Canadien Steve Bauer se joint à Giuseppe Martinelli pour assumer ces responsabilités. La directrice générale, Yana Seel, a affirmé que « Vino » occupera un autre rôle. 


UNE 4e FOIS À BREST

La Grande Boucle s’élance de Brest pour la 4e fois après 1952, 1974 et 2008. Treize ans plus tard, cinq participants du Tour 2008 sont de nouveau en lice, tous anciens porteurs du maillot jaune et vainqueurs d’étape : Alejandro Valverde, Philippe Gilbert, Mark Cavendish, Vincenzo Nibali et Chris Froome.


LE PETIT-FILS DE POULIDOR SE DISTINGUE

L’équipe Alpecin-Fenix et Mathieu van der Poel, petit-fils de Raymond Poulidor, ont revêtu un nouveau maillot aux couleurs violette et jaune de l’ancien champion mort en 2019. Le cycliste de 26 ans, qui en est à son premier Tour de France, aimerait bien endosser le véritable maillot jaune sur les parcours bretons sculptés à merveille pour lui. 


ENCORE BEAUCOUP DE VISIOCONFÉRENCES

Le cyclisme est habituellement l’un des sports les plus accessibles pour les fans et les médias. Aux abords des routes, près des autocars des équipes ou souvent dans les aires communes des hôtels, il n’y a pas de barrières ou très peu. Pour le Tour 2021 et la santé des athlètes, les règles n’ont pas été assouplies, au contraire. Une partie des favoris à la victoire finale ont participé à des visioconférences hier depuis le Parc des expositions de Penfeld.