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L’impro à l’adolescence: l’art de se battre avec des mots

0626 Livres lobbe
Photo courtoisie, Andréanne Gauthier Emilie Ouellette

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Diplômée de l’École nationale de l’humour et détentrice d’un diplôme en travail social, Emilie Ouellette est une passionnée de l’improvisation. Avec le roman jeunesse Fab – La recrue, elle a voulu créer un personnage auquel sa fille pourrait s’identifier, tout en faisant découvrir le merveilleux monde de l’impro aux ados.

Emilie, en quoi l’histoire de Fab est-elle importante, à l’époque actuelle ?

Ma première inspiration, c’était le personnage. Je voulais un personnage métissé ; mon mari est d’origine haïtienne et mes quatre enfants sont métissés. Mes enfants disent souvent qu’il n’y a pas de personnage comme eux. C’est quelque chose qu’on remarque beaucoup, quand on a une famille comme la mienne. Ma plus vieille a 12 ans, elle entre au secondaire à l’automne. Dans l’histoire, il y avait quelque chose qui me rappelait moi, à mon arrivée au secondaire. Comme Fab, mes parents se sont séparés et j’ai dû déménager en plein milieu de l’année, ce qui est la pire idée du monde (rires). Puis, j’ai découvert l’impro au secondaire. C’est alors tout un monde qui s’est ouvert à moi. J’avais envie d’explorer ça, surtout que l’improvisation est un sujet peu abordé en littérature jeunesse.

On a l’impression que tout arrive à Fab ! Trouvez-vous que ça en met beaucoup sur les épaules d’un personnage ?

C’est vrai que j’ai tout donné à Fab (rires) ! Mais c’était important... Par exemple, je souhaitais qu’elle ait deux mères, car j’ai plusieurs familles homoparentales autour de moi. C’est un peu la même chose pour mes enfants métissés : j’avais envie de normaliser tout ça. Est-ce que ça peut ne pas être à propos de ça, mais juste exister ?

L’intimidation se retrouve également au cœur de l’histoire...

Oui, car, pour moi, le cœur de Fab, c’est une énorme résilience. L’école secondaire, c’est une jungle ! Fab vit de l’intimidation, mais elle ne subit pas les choses. Elle devient actrice dans sa propre vie et transforme les choses. Je désirais montrer qu’il pouvait y avoir du beau dans toutes ces épreuves.

L’an dernier, vous avez présenté le roman L’après. L’histoire raconte un monde sans adultes, un virus mortel les ayant tous décimés ! En tant que scénariste, quel univers verriez-vous transposé au petit écran, L’après ou Fab ?

Oh la question déchirante (rires) ! Clairement les deux. Mon œil de scénariste voit L’après comme une minisérie en trois saisons, mais Fab, je crois que ça pourrait être une émission quotidienne, à regarder en famille.

Vous êtes anciennement clown thérapeutique. Ça consiste en quoi, exactement ?

J’ai travaillé pour l’organisme Dr Clown pendant cinq ans. C’est une formation artistique de clown, mais le clown thérapeutique est dans l’intervention. On va dans les milieux de vie et les hôpitaux, autant pour les enfants que les personnes âgées. On travaille beaucoup à redonner le pouvoir aux patients. L’utilité du rire dans la gestion de la douleur et de la convalescence... C’est une expérience qui a transformé ma vie à plusieurs niveaux. Ça relativise beaucoup ce que toi, tu vis.

Fab – La recrue<br/>
Emilie Ouellette<br/>
Les Éditions Petit Homme<br/>
208 pages, dès 10 ans
Photo courtoisie
Fab – La recrue
Emilie Ouellette
Les Éditions Petit Homme
208 pages, dès 10 ans