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Faites place à la tendresse

0626 Mieux Être
Photo courtoisie, Astrid di Crollalanza Véronique Aïache

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Apprendre à laisser entrer la tendresse dans sa vie, voilà ce que propose l’auteure Véronique Aïache dans son nouveau livre. Si la tendresse est souvent associée à une simple caresse, elle peut aussi se manifester de différentes façons. Ici, on nous invite à embrasser la douceur du monde.

Dans L’art de la tendresse, écrit au plus fort du confinement, l’auteure française Véronique Aïache estime que nous avons vécu une période violente émotionnellement en raison de la pandémie mondiale qui a sévi et qu’il faut plus que jamais faire place à la tendresse.

Nous sommes conscients que plusieurs personnes âgées vivant seules n’ont pas reçu la tendresse dont elles avaient besoin, ces derniers temps. Pourtant, une simple étreinte entre deux personnes procure un moment de bonheur, voire un bref instant de grâce. « Ce moment-là se pro-duit chaque fois qu’un élan de prévenance vient cogner à notre porte et sonne comme un appel à l’ordre de notre humanité », considère l’auteure. Peu à peu, la situation actuelle, à l’heure du déconfinement, permet de s’accorder des instants de tendresse.

Quels que soient l’âge ou les circonstances, la tendresse est une force précieuse, capable de réconforter le corps et l’esprit. De là, l’importance de s’y attarder.

« Apprendre ou réapprendre la tendresse commence par comprendre pourquoi elle nous est à ce point indispensable », fait remarquer Véronique Aïache, qui ajoute qu’il s’agit aussi d’un sentiment de bienveillance envers soi et à l’égard d’autrui. Malheureusement, la société à laquelle nous appartenons a laissé bien peu de place aux douceurs de l’existence. Souvent pris en otage dans le cercle de la performance, nous avons perdu l’habitude de l’échange. « De la saveur du contact est resté le goût des réseaux sociaux », souligne-t‐elle. Nous sommes, en quelque sorte, devenus des robots devant des écrans d’ordinateur qui ont perdu le sens des émotions au détriment de la froideur des claviers et des téléphones.

Sentiment de réconfort

« Dans un monde qui se déshumanise un peu plus chaque jour, dans une société où l’individualisme cohabite avec la dureté émotionnelle, il est grand temps de se réconcilier avec la tendresse, comme avec les valeurs qui l’accompagnent », indique l’auteure.

La tendresse se joue souvent à peu de chose. Pour une personne seule qui entre chez elle, il peut s’agir de son animal de compagnie qui vient lui sauter sur les genoux. Pour une autre, ce sera son enfant qui souhaitera être enlacé. Recouvrir de sa main l’épaule d’un coéquipier après un match est souvent synonyme d’encouragement ou d’éloges. C’est aussi cela la tendresse.

« Toucher revient à sentir l’âme de l’autre en faisant en même temps vibrer la sienne », rappelle Véronique Aïache.

La tendresse peut se retrouver partout, et non pas uniquement dans les relations de couple, et heureusement, elle procure toujours--- un sentiment de réconfort. Un simple geste, ou parfois simplement un mot ou une attention---, peut parvenir à remplir un cœur de joie. Qu’importe la force de caractère, le besoin de tendresse est universel.

S’offrir la tendresse

Outre la tendresse que l’on exprime à quelqu’un, Véronique Aïache, estime que l’on peut également s’accorder le droit à la tendresse intérieure. Cela peut signifier se faire un compliment, reconnaître ses bons coups ou se faire plaisir. L’important étant de s’offrir de la joie et du bien-être comme si l’on souhaitait cajoler son âme. « Puisqu’il a été démontré que plaire commençait par se plaire, puisqu’il semble n’y avoir rien de plus important que d’être en accord avec soi-même pour être en harmonie avec les autres, alors pourquoi ne pas s’offrir égoïstement des moments de tendresse ? » questionne l’auteure. Cela peut être aussi simple que de se préparer un smoothie de fruits frais, regarder de vieux albums photo, lire un poème, ou admirer un coucher de soleil. Pour vivre pleinement la tendresse, prenez la peine de vous remémorer des moments forts de tendresse, en prenant soin de reconnaître le type d’émotion qu’ils suscitaient pour ensuite les recréer.

Le bonheur est plus facile à atteindre qu’on le croit, il suffit de prendre le temps de s’y attarder. « La tendresse qui nous entoure ne demande qu’à être prise. Il n’y a qu’à ouvrir--- les bras et son âme pour accueillir les émotions du monde », conclut-elle.

VÉRONIQUE AÏACHE

  • Elle est journaliste et auteure d’une vingtaine de livres.
  • Elle a notamment signé les livres, L’art de la quiétude, L’art de ralentir, L’éloge de la liberté et L’éloge de la solitude.