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Le pot a la cote chez les minorités sexuelles

Les ados qui vivent cette réalité consommeraient plus

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Plus isolés et plus dépressifs, les jeunes homosexuels et bisexuels du Québec consomment davantage de cannabis que les autres adolescents, révèle une étude réalisée par une équipe internationale de chercheurs en développement de l’enfant.

« Nous croyons que les jeunes issus des minorités sexuelles sont plus nombreux à faire usage de cannabis comme une forme d’automédication pour soulager leurs symptômes dépressifs », explique la première auteure de l’article, Kira London-Nadeau, étudiante au doctorat à l’Université de Montréal. 

Parue lundi dans le Journal of Abnormal Psychology, l’étude portait sur 1548 jeunes du Québec qui ont été questionnés à l’âge de 13 ans sur différents aspects de leur vie. 

L’équipe de chercheurs a pu requestionner les mêmes jeunes à 15 puis à 17 ans, ce qui a permis de mieux comprendre leurs habitudes de consommation de drogue ainsi que l’évolution de leur identité sexuelle.

La recherche a d’ailleurs permis de préciser que les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels sont plus nombreux à souffrir de symptômes dépressifs et de signes d’anxiété précoces.

« Dès l’âge de 13 ans, on note une différence significative de symptômes dépressifs et anxieux au sein des minorités sexuelles », affirme Mme London-Nadeau.

Réalité sociale à changer

Cette situation témoigne d’une réalité sociale à changer, estime la chercheuse, elle-même lesbienne. 

« Les jeunes se sentent très souvent isolés dans la société qui n’est pas toujours adaptée pour les minorités sexuelles. Cela augmente les sentiments de dépression et d’anxiété. » 

Même si le cannabis est légalisé au Canada depuis 2018, son usage demeure interdit chez les moins de 18 ans (moins de 21 ans au Québec), mais demeure largement répandu.

Pour les chercheurs du Canada, de la France et des États-Unis, qui ont eu recours à l’Étude longitudinale du développement des enfants, « il est impératif de mieux comprendre comment la consommation de cannabis et l’intériorisation des problèmes de santé mentale sont liées l’une à l’autre chez les adolescents hétérosexuels et issus de minorités sexuelles. »