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Les fondations génocidaires

Canada flag on clear blue sky
Photo Adobe stock Il faut réparer et réécrire le récit national canadien.

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D’ouest en est au Canada, les fondations de la Confédération font l’objet de grands questionnements. Un certain nombre de villes suspendent les festivités reliées à la fête du Canada. Conséquence d’une prise de conscience collective brutale d’un génocide culturel perpétré dans « le plus meilleur pays du monde »...

L’un des pères, sinon le père de la Confédération canadienne et architecte des pensionnats indiens, fut un suprémaciste britannique. Il s’appelait John Alexander Macdonald. Ici et ailleurs sur la planète, l’idéologie du suprémacisme a toujours valorisé la supériorité et la domination de certains groupes d’individus sur les autres, notamment sur la base de la « race » ou de la « civilisation ».

Le 1er juillet

Fêter le 1er juillet revient à fêter le jour de la Confédération.

Il y a donc fort longtemps que cette journée est illuminée par des parades, des feux d’artifice et des spectacles organisés sur l’étendue du territoire pour célébrer cet événement. Et au fil du temps, la machine à régler « le problème indien » était à l’œuvre au Canada. Tant et aussi longtemps que la preuve tangible des victimes autochtones dans les pensionnats demeurait anonyme et emmurée dans le silence des tombes, la tenue ou non de la fête du Canada n’était pas un enjeu.

Aujourd’hui, preuve des faits, on ne peut plus se mettre la tête dans le sable... Dans l’esprit d’une vaste majorité de gens ici et ailleurs à travers le monde, c’est avec du sang autochtone dans le ciment de sa fondation que la Confédération canadienne a pris forme.

Solidarité

Il faut saluer la décision de ces municipalités canadiennes qui, en guise de solidarité, renoncent à souligner l’anniversaire de la Confédération cette année. D’autres suivront peut-être...

Et collectivement, souvenons-nous :

En 1876, le gouvernement canadien a adopté la Loi sur les Indiens sous la houlette de son tout premier premier ministre, John Alexander Macdonald. La loi de référence pour assimiler, conditionner et éradiquer les cultures des Premières Nations. On appelait alors ces peuples les « sauvages ».

C’est le gouvernement canadien qui a financé ces pensionnats et chargé diverses Églises de les gérer.

De très nombreux enfants ont été kidnappés et internés de force dans ces pensionnats par des représentants du gouvernement. Pendant plus d’un siècle, 150 000 enfants autochtones ont été séparés de leurs parents et placés dans ces centres de conditionnement. Au moins 3500 y auront trouvé la mort dans l’indifférence des autorités publiques.

Le dernier des pensionnats a fermé ses portes en 1996.

Aujourd’hui, pour se donner un nouvel élan collectif, des devoirs honnêtes s’imposent. Pour cela, il faut réparer et réécrire le récit national canadien avec probité afin de délester les nouvelles générations du poids des crimes de celles et ceux qui les ont précédées.