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Price ou Vasilevskiy?

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Photo AFP Carey Price est au sommet de son art depuis le début des séries de fin de saison.

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Steve Stamkos a tout résumé en une phrase : « Ils vont affronter la meilleure formation parmi celles qui ont cherché à freiner leur série de succès en route vers la destination finale, et, de notre côté, nous allons affronter la meilleure équipe parmi celles qui ont cherché à bloquer notre randonnée vers la finale pour l’obtention de la coupe Stanley. »

On n’atteint pas la dernière étape de ce long et épuisant parcours parce que la chance s’associe à toutes les actions prises en cours de route. Certes, elle joue un rôle particulier, mais c’est le travail, la détermination, l’effort et l’engagement à prendre tous les moyens pour atteindre le podium qui caractérisent les finalistes.

Faut-il s’étonner de revoir le Lightning de nouveau en grande finale ?

Pas du tout.

Faut-il s’étonner de voir le Canadien en grande finale ?

Oui.

Mais depuis le quatrième match de la série contre les Maple Leafs de Toronto, la réponse est non.

Le Canadien a été une équipe dominante et les résultats le démontrent clairement. Il faut plus que de la chance pour limiter des joueurs comme Matthews, Marner, Connor, Ehlers, Stone et Pacioretty à une production combinée de trois buts.

Les deux meilleurs

Cette série oppose également deux directeurs généraux québécois. Julien BriseBois et Marc Bergevin ont monté en grade en empruntant des avenues différentes. À partir de ce soir, les deux architectes s’affrontent dans une série qui sera fertile en émotions. 

Pourquoi ?

Elle opposera les deux meilleurs gardiens de la ligue, Andrei Vasilevskiy et Carey Price.

Elle opposera deux brigades défensives réunissant du côté de Tampa, le meilleur défenseur du circuit, Victor Hedman, ainsi que Ryan McDonagh, choix de premier tour du Canadien qui n’a jamais endossé l’uniforme tricolore et regroupant du côté de l’adversaire, un quatuor dynamique, expérimenté, assurant une protection à sécurité maximum.

L’adversité

Elle opposera deux équipes qui ont appris au fil des dernières années à composer avec l’adversité. Le Lightning a disputé la dernière saison sans Nikita Kucherov. Sans Steven Stamkos pour une quinzaine de rencontres. Le Canadien a vécu dans l’incertitude pendant plusieurs semaines.

Elle opposera des patineurs au style différent, mais des patineurs qui ont démontré du caractère. Le Lightning possède une équipe explosive en attaque, mais c’est une formation qui peut exceller sur le plan défensif. Le Canadien est reconnu pour ses qualités en défensive, autant en infériorité numérique que pour stopper les meilleurs effectifs de l’adversaire. Mais, il peut également surprendre l’adversaire en attaque en raison de l’équilibre qu’on retrouve au sein des trios.

Elle opposera des entraîneurs qui ont vécu l’expérience de la série finale à un groupe qui en sera à sa première expérience, mais un groupe qui a su relever des défis de taille au cours des dernières semaines.

Le Canadien a-t-il les ressources pour vaincre une équipe aussi bien structurée que celle de Tampa Bay ?

Pourquoi pas ?

Avait-il les ressources pour vaincre Toronto ? On ne le croyait pas, mais...

Avait-il les ressources pour vaincre Winnipeg ? On le croyait avec réserve...

Avait-il les ressources pour vaincre Vegas ? On ne le croyait pas, mais...

Il reste que cette fois-ci, l’adversaire est le champion en titre. Que faire pour réaliser ce que plusieurs croyaient impensable au début des séries ? Exactement ce que le Canadien a démontré au niveau de l’exécution, au niveau des actions et au niveau de l’engagement.

Phillip Danault, Artturi Lehkonen et Brendan Gallagher peuvent-ils contenir Nikita Kucherov (est-il en parfaite santé ?), Brayden Point et Ondrej Palat ?

L’unité en infériorité numérique pourra-t-elle repousser l’attaque à cinq de l’adversaire, la plus redoutable de la ligue ? On doute qu’elle puisse réduire au silence Kucherov, Point, Hedman et Stamkos, mais pourra-t-on limiter les dégâts ?

Le Canadien, de son côté, pourra-t-il ravir la rondelle à l’adversaire aussi souvent qu’il l’a fait au cours des 13 derniers matchs ?

La brigade défensive servira-t-elle un message aux joueurs du Lightning qu’il y a un prix à payer quand on s’aventure dans le territoire du Canadien ?

Réponses à toutes ces interrogations à partir de ce soir.

Une série captivante en perspective...

Oui, la chance aura un impact... mais finalement, c’est la meilleure formation qui l’emportera.  

Un point qu’on ne peut négliger. Quels sont les gardiens qu’ont affrontés les joueurs du Lightning en séries jusqu’ici ? Trois contre les Panthers, deux contre les Hurricanes, et ont-ils chassé Varlamov des Islanders, deux fois ?

Et le Canadien ? Jack Campbell, Connor Hellebuyck et deux de Vegas.

Peut-on croire alors que le duel Price-Vasilevskiy, les deux meilleurs de leur profession, décidera de l’issue de la série ? 

L’intrigant Bergevin 

« C’est une opportunité spéciale de jouer la finale de la Coupe Stanley et de pouvoir ramener ce trophée. Je ressens des émotions différentes. Je suis un peu nerveux et excité. Mais je suis surtout fier d’avoir la chance de gagner la coupe Stanley à Montréal. Ce serait le rêve ultime pour moi. Je pourrais prendre ma retraite après ! »

Comme le Joker

Il y a plusieurs années, on avait qualifié Marc Bergevin de « Joker », mais pas pour les mêmes raisons que le Joker du film de 2019, incarné par Joaquin Phoenix. Le directeur général du Canadien, quand il poursuivait sa carrière de défenseur, avait la réputation d’être celui ayant le sens de l’humour le plus remarqué et le plus remarquable parmi tous ses homologues. Ça lui avait valu, à l’époque, un reportage dans le magazine Sports Illustrated.

A-t-il emprunté son identité de Joker, hier, en laissant miroiter qu’il pourrait prendre sa retraite si jamais il gagnait la coupe Stanley ?

Il y a toujours un brin de vérité dans les propos que l’on tient quand on veut piquer la curiosité des gens. Marc Bergevin, comme tout homme exerçant ce métier, couve assurément d’autres projets.

Pour l’instant, son entente prend fin à la saison 21-22.

D’ici ce temps, un Joker peut attirer l’attention avec un complet rouge et des phrases qui invitent à la réflexion et aux spéculations.