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«Éteignez vos écrans et allez dans la nature!»

Un chercheur conclut aux bienfaits de l’exposition à la nature sur la santé cardiaque

Aktivurlaub im Frühling bei einer Wanderung im Wald
Photo courtoisie

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Marcher dans la nature, c’est bon pour le cœur même à toute petite dose, souligne un nouveau rapport d'un chercheur à l’Institut de cardiologie de Montréal. 

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«Un petit quart d’heure d’exposition à un milieu naturel par semaine peut avoir pour effet de réduire la tension artérielle et le rythme cardiaque», explique Louis Bherer, spécialiste des approches non pharmaceutiques de prévention des maladies du cœur. 

Pour le compte de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), il a passé en revue 160 études publiées au cours des 30 dernières années et portant sur l’exposition à la nature et la santé. Il en conclut que l’effet des marches en forêt peut améliorer significativement la santé cardiaque même à petites doses. «Ça me donne envie de dire aux gens: éteignez vos écrans et allez marcher au mont Royal!» lance le professeur Bherer.

Parmi les études les plus surprenantes qui ont été menées sur des gens de tous âges et de toutes conditions socioéconomiques, on a comparé les personnes qui circulaient en milieu urbain avec d’autres qui évoluaient dans des boisés et des forêts. Les signes enregistrés au moyen d’électrocardiogrammes et d’analyse du cortisol – l’hormone du stress – montraient clairement une différence favorisant les randonneurs en milieu naturel. 

Dans le rapport intitulé Les bienfaits de la nature sur la santé globale, on peut lire que les couleurs naturelles contribueraient aux effets positifs « puisque le bleu et le vert, qui prédominent dans les environnements naturels, auraient des effets anxiolytiques» (contre l’anxiété). 

De plus, en randonnée, on risque moins d’être exposé à des bruits subits et stridents tels que des klaxons et des sirènes de police. «Il est clairement établi que le bruit chronique généré par les environnements urbains contribue au stress, à une diminution de la qualité du sommeil et à une hausse du risque de maladies cardiovasculaires», dit le rapport. 

Louis Bherer
Photo courtoisie, AMÉLIE PHILIBERT
Louis Bherer

Les sons émanant de la nature, comme ceux associés au vent ou aux mouvements de l’eau, seraient au contraire associés à une diminution du stress. Il en va de même des odeurs. «Les études montrent que certaines odeurs naturelles plaisantes (l’air d’été ou les parfums des fleurs, par exemple) peuvent effectivement améliorer l’humeur et diminuer l’agressivité.» 

Comme pour l’exercice physique, les bienfaits de l’exposition à la nature peuvent se faire sentir très rapidement chez les personnes qui sont peu habituées à ce type d’activité. «Peu, c’est mieux», résume le professeur Behrer, qui rêve d’un «Grand défi Pierre Lavoie» consacré non à la performance physique, mais à la simple sortie en forêt.

La Sépaq, qui a enregistré l'été dernier une hausse globale de 14% de la fréquentation de ses 23 parcs (4,8 millions de jours-visites), a accueilli le rapport du professeur Bherer avec satisfaction.

«Il a donné une dimension scientifique à des phénomènes que nous soupçonnions, mentionne l’attaché de presse Simon Boivin. Pas moins de 87% de nos clients mentionnent que le contact avec la nature a amélioré leur santé mentale.»