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Port de Québec: le fédéral dit non au projet Laurentia

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En raison de ses «effets environnementaux négatifs importants», le projet de terminal de conteneurs Laurentia du port de Québec est rejeté par le gouvernement fédéral.

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Ottawa a rendu sa décision mardi en fin de journée. «Le gouverneur en conseil a décidé que les effets environnementaux négatifs importants que le projet est susceptible d'entraîner ne sont pas justifiables dans les circonstances.» 

«Aujourd'hui, c'est la fin de Laurentia. Laurentia ne peut pas aller de l'avant», a laissé tomber le président du Conseil du Trésor fédéral et député de Québec, Jean-Yves Duclos, en entrevue. 

Le Port de Québec s’est dit déçu et a «pris acte» de la décision. «Nous demeurons convaincus qu’il y avait des solutions possibles pour répondre à cet enjeu et que Laurentia était fondamentalement un bon projet, tant pour l’économie que pour l’environnement. Mais il nous faut aujourd’hui reconnaître le verdict des autorités fédérales et regarder vers l’avant», a déclaré par voie de communiqué le pdg du Port de Québec, Mario Girard. 

Les informations supplémentaires apportées en début d'année par l'Administration portuaire de Québec (APQ) n'auront pas suffi à convaincre le gouvernement que des mesures de mitigation pouvaient atténuer suffisamment les impacts environnementaux. M. Duclos souligne les effets documentés sur la qualité de l'air et la santé humaine, de même que sur le poisson et son habitat. 

«En 2021, l'environnement n'est plus une distraction pour les gens, c'est une préoccupation. On parle de l'environnement naturel, maritime et social.» Il estime que le développement économique doit se faire dans le respect de l'environnement.

Le gouvernement souligne que la décision ne concerne que le projet Laurentia et «n’empêche pas l’Administration portuaire de Québec d’élaborer de nouvelles propositions de projet pour poursuivre son appui au développement de notre région».

Laurentia est un projet de 775 M$, financé principalement par des partenaires privés.

Du côté du gouvernement du Québec, la déception était grande. «Nous apprenons avec déception la décision du gouvernement fédéral d’abandonner le projet Laurentia du Port de Québec», a twitté la vice-première ministre, Geneviève Guilbault. «Il est important de soutenir des projets économiques porteurs pour notre Capitale-Nationale. Votre gouvernement va continuer de travailler à notre essor économique.»

Les opposants, à l'inverse, se sont réjouis.

«Je veux que ce soit la fin de ces désirs complètement fous d'agrandissement du port de Québec à même le fleuve», a lancé la porte-parole de l’initiative Vigilance port de Québec, Véronique Lalande. «On doit, ensemble, comme communauté, redéfinir ce que l'on veut et arrêter de se faire imposer les idées de tout un chacun comme étant ce qui est bon pour nous.»

Pour Mme Lalande, c'est «une vraie fin», et avec ce refus définitif d'Ottawa, l'APQ ne peut pas aller de l'avant avec un tel projet. Elle devra, si elle persiste à vouloir agrandir ses quais, passer de nouveau par le processus de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada, mais cette fois sous la nouvelle loi qui est encore plus contraignante.  

Le député de Québec solidaire Sol Zanetti parle d’une «victoire citoyenne» et dit espérer que ce refus soit un «non ferme». «On va veiller à ce qu’on ne nous refile pas en douce une autre version de ce projet dans les années à venir.»

La candidate à la mairie et cheffe de Transition Québec, Jackie Smith, se disait soulagée, mardi. «Derrière cette bonne nouvelle s’en cache une moins bonne: le gouvernement fédéral refuse de mettre fin aux projets d’agrandissement du Port de Québec en général. Je pose la question: est-ce que la population devra lutter éternellement contre des projets d’agrandissements qui vont à l'encontre de sa qualité de vie? Les quartiers entourant le port sont parmi les endroits où la qualité de l’air est la pire au Québec. Il est temps de dire clairement non à tout projet nuisible.»

Le candidat Bruno Marchand estime pour sa part que «le gouvernement du Canada ne pouvait que décider de ne pas donner son aval. En 2021, un tel projet est inacceptable. En raison des impacts environnementaux clairement identifiés dans le rapport et des enjeux d’acceptabilité sociale, c’était la décision qui s’imposait. Nous sommes d’avis que le développement portuaire de Québec doit se faire intelligemment dans le respect de l’environnement et des gens, en partenariat avec le Port de Québec.»

«Le refus du projet Laurentia est une grande victoire pour la population et les groupes qui se sont mobilisés pendant plus de six ans pour protéger les écosystèmes et la qualité de l’air des quartiers centraux de Québec. Plutôt que de se lancer dans des projets injustifiés d’agrandissement, l’Administration portuaire doit maintenant mettre tous ses efforts à moderniser, nettoyer et mettre sous couvert ses installations, qui sont les plus vieilles du pays», a exprimé Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.