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Une mesure d’aide financière qui coûte cher aux étudiants

Plusieurs se retrouvent désormais avec une dette de milliers de dollars

GEN - MARGOT AUGER
Photo Martin Alarie Margot Auger, ex-étudiante à temps plein et serveuse dans un restaurant, s’est fait demander de rembourser 10 454 $ par l’assurance-emploi pour avoir touché le chômage pendant plusieurs mois, bien qu’elle était sans emploi à cause de la pandémie.

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Des étudiants à temps plein qui ont eu recours à l’assurance-emploi parce qu’ils ont perdu leur travail à cause de la pandémie se font maintenant réclamer des milliers de dollars par le gouvernement.

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« Depuis le mois de mai, on voit que l’assurance-emploi lance des opérations de vérifications de disponibilité au travail qui visent manifestement des étudiants en ce moment », explique Pierre Céré, porte-parole du Conseil national des chômeurs et des chômeuses (CNCC).

Le 24 septembre dernier, le gouvernement fédéral annonçait le remplacement de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) par trois mesures d’aide, ainsi qu’un allégement des critères de l’assurance-emploi.

Pour être admissible à cette dernière, il fallait dorénavant avoir travaillé 120 heures au lieu de 420 heures. 

Résultat : des étudiants qui avaient un emploi durant tout l’été ont été admis.  

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Impossible pour les étudiants

Mais habituellement, pour toucher la prestation, les étudiants doivent démontrer qu’ils sont en chômage, disponibles et disposés à travailler, incapables d’obtenir un emploi convenable, comme pour tout autre demandeur, explique par courriel le ministère de l’Emploi et du Développement social du Canada.

Selon Pierre Céré, le gouvernement demande en fait que les gens qui demandent l’assurance-emploi doivent être disponibles du lundi au vendredi durant la journée, ce qui est difficile, voire impossible pour des étudiants qui vont à l’école.

Margot Auger, 23 ans, fait justement partie des étudiants qui ont vu leur dossier de demandes de prestations examiné par le gouvernement.

Cette dernière avait perdu son poste de serveuse le 1er octobre dernier lorsque François Legault a fait refermer les restaurants. 

Elle a alors soumis une demande de prestation à l’assurance-emploi, qui, malgré son statut d’étudiante à temps plein, a été acceptée puisqu’elle avait travaillé au moins 120 heures, comme demandé à ce moment-là. 

Elle a donc pu toucher 500 $ par semaine, d’octobre à février. 

Rembourser 10 454 $

« En février, on m’a dit que mon dossier allait être examiné vu que je suis étudiante et [un agent du gouvernement] m’a appelé en avril pour me dire que je devais rembourser l’entièreté de ce que j’avais reçu depuis le mois d’octobre, soit un total de 10 454 $ », raconte-t-elle. 

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« On pensait que [la fermeture des restaurants] allait durer un mois, alors je trouvais ça niaiseux de chercher une autre job, pendant qu’en plus j’étais à l’école », ajoute-t-elle.

Pour le porte-parole du CNCC, il faut que le gouvernement se montre un peu plus flexible étant donné le contexte.

De son côté, Margot Auger continue de se battre pour faire valoir son histoire et être acquittée de sa dette qui lui a permis de subvenir à ses besoins pendant des mois.

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