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Animaux de compagnie: vague d’abandons redoutée après une baisse de l'engouement

L’engouement pour les animaux de compagnie s’effrite, remarque la SPA de Québec

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les refuges se disent prêts pour la journée du 1er juillet, alors que plusieurs animaux risquent d’être abandonnés en raison d’un déménagement.

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À la veille des déménagements du 1er juillet, la SPA de Québec note que l’engouement pour les animaux de compagnie observé durant la pandémie commence à s’essouffler, ce qui lui fait craindre une augmentation du nombre d’abandons.

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« On commence à avoir une population animale en croissance. On voit que les gens reviennent lentement à leurs anciennes habitudes », a affirmé Félix Tremblay, directeur général de la SPA de Québec. 

Si les refuges sont prêts pour le 1er juillet, la SPA de Québec anticipe une vague d’abandons avec le retour au travail en septembre. 

« Les gens vont reprendre une vie normale. Pour les chats, ça ne sera pas vraiment problématique. Ce qu’on craint, c’est les “chiens COVID-19”, adoptés durant la pandémie, et qui sont habitués à être constamment en présence de personnes. Quand tout le monde va retourner à l’école et au bureau, ils vont être soudainement seuls à la maison. On entrevoit de gros problèmes d’anxiété », a ajouté M. Tremblay.

Fait rarissime depuis la pandémie, c’est la première fois que les cages pour chats en adoption sont aussi occupées à la SPA de Québec, selon Félix Tremblay, directeur général.
Photo Stevens LeBlanc
Fait rarissime depuis la pandémie, c’est la première fois que les cages pour chats en adoption sont aussi occupées à la SPA de Québec, selon Félix Tremblay, directeur général.

À la SPCA de Montréal, on s’attend à une certaine stabilité au chapitre des abandons qui s’élèvent à 1146 depuis le 1er janvier dernier.

« Nous prévoyons un été semblable à 2020 », a déclaré Élise Desaulniers, directrice générale de la SPCA de Montréal.

Discriminatoire

Avec la valse des déménagements qui s’amorce, des locataires seront contraints de laisser leur animal. Mme Desaulniers demande aux propriétaires d’immeubles d’habitation de faire preuve de compassion.

« En ce moment, les propriétaires ont le gros bout du bâton », déplore-t-elle. 

« On continue de penser qu’il faudrait que le Québec suive l’exemple de l’Ontario et qu’on élimine les clauses qui interdisent les animaux dans le logement. C’est de la discrimination arbitraire », dit-elle. 

« Deux fois plutôt qu’une, le gouvernement a dit qu’il n’était pas question d’obliger les propriétaires à accepter des animaux, rétorque pour sa part Hans Brouillette, directeur des affaires publiques à la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec. C’est un droit contractuel où les deux parties doivent s’entendre. »

Sensible à la cause des animaux, Catherine-Emmanuelle Laliberté, copropriétaire d’Elliott & Lily à Lévis, souhaite trouver un foyer pour Salem, 8 ans, qui a un problème particulier à un œil.
Photo courtoisie
Sensible à la cause des animaux, Catherine-Emmanuelle Laliberté, copropriétaire d’Elliott & Lily à Lévis, souhaite trouver un foyer pour Salem, 8 ans, qui a un problème particulier à un œil.

Amélioration

Pour l’Association des médecins vétérinaires du Québec, la situation s’est améliorée depuis quelques années au chapitre des abandons d’animaux. 

« Il y a 15-20 ans, c’est vrai qu’autour du 1er juillet, il y avait une grande vague d’abandons », rappelle Michel Pépin, vétérinaire et porte-parole.

« Ça serait surprenant, avec la rareté d’animaux en ce moment et la valeur qu’ils représentent, qu’on assiste à des abandons massifs », dit-il.


Une plus grande place dans les foyers 

  • Le Québec compte plus de 3 millions de chats et de chiens  
  • 28 % des ménages québécois possèdent un chien (1 247 500) 
  • 31 % des ménages possèdent au moins un chat (1 832 000) 
  • 10 % des foyers hébergent à la fois un chat et un chien   

Source : sondage Léger réalisé en 2020 pour le compte de l’Association des médecins vétérinaires du Québec