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Chine: le parti du mensonge fête son centenaire

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Photo AFP Des spectateurs brandissent des drapeaux de la Chine et du Parti communiste chinois lors d’un spectacle pour célébrer le 100e anniversaire de la formation politique, lundi, au stade national de Pékin.

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Le Parti communiste chinois (PCC) fête son 100e anniversaire le 1er juillet avec sa marque de commerce habituelle : le mensonge et la manipulation. Parce que son 100e anniversaire réel n’est pas le 1er juillet, mais le 23 juillet.

Mao Zedong, qui passe pour avoir été présent lors du congrès de fondation du PCC, en était très probablement absent.

Attention, ne le dites pas aux Chinois, ils croient dur comme fer que Mao était présent à la fondation. Du reste, Xi Jinping a lancé récemment une campagne contre le révisionnisme historique, c’est-à-dire contre ceux qui contestent la propagande officielle du parti ou qui veulent rappeler quelques vérités historiques peu reluisantes de cette organisation.

Le PCC est calqué sur le modèle de son grand frère, le Parti communiste soviétique. Cette organisation aux racines très occidentales a été par la suite adaptée au contexte chinois. Mais elle est demeurée pour l’essentiel fidèle aux enseignements soviétiques. Une ironie, quand on sait la campagne de rejet de la culture occidentale qui sévit en Chine ces temps-ci.

Le PCC est une organisation pyramidale composée d’environ 92 millions de membres. Ceux-ci doivent une loyauté absolue au parti. En retour, le parti leur procure un accès privilégié à de l’information et à divers services. Il s’occupe aussi de la promotion de ses membres à l’intérieur des entreprises, des institutions, du gouvernement, etc.

Parcours difficile

Devenir membre du PCC est difficile. Pour y entrer, il faut être parrainé par des membres du parti. Il faut subir une enquête serrée sur sa vie privée. Les recrues doivent aussi pendant un an suivre des cours hebdomadaires sur la politique et passer un examen. Enfin, dans un esprit qui trahit les origines chrétiennes du communisme, les futurs membres doivent accomplir toutes sortes de bonnes actions, comme donner du sang.

Les postes à l’intérieur du Parti sont électifs. Mais en réalité, tout indique que les dirigeants sont cooptés, c’est-à-dire choisis d’avance par leurs supérieurs. 

Coûts immenses 

Le PCC a accompli de grandes choses pour la Chine. Par exemple, il a généralisé l’éducation et les soins de santé. Il est aussi responsable de la modernisation du pays.

Cependant, le coût de ces réalisations est immense. La population chinoise a été le plus souvent privée des libertés de parole, d’association ou de presse. Le pouvoir s’est concentré entre les mains de quelques familles. La corruption est devenue endémique.

Surtout, le PCC a périodiquement instillé une terreur paralysante dans la population. 

Si la Chine était un pays libre, la question qui se poserait à l’occasion du 100e anniversaire du PCC serait celle de sa pertinence en 2021 ou à tout le moins, celle des modifications qui devraient lui être apportées pour qu’il soit davantage bénéfique au pays.

Mais il n’en est rien. La commémoration sert surtout à glorifier le pouvoir de Xi Jinping et à faire taire ses opposants.