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États-Unis: amende record de 70 millions de dollars contre l'application de courtage Robinhood

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La plateforme américaine de courtage Robinhood, très populaire chez les trentenaires et les internautes, s'est vue infliger mercredi une amende de près de 70 millions de dollars par un régulateur financier pour avoir causé du tort à ses clients. 

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La pénalité financière de la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), une organisation sous l'autorité du gendarme boursier américain, comprend une amende de 57 millions de dollars et 12,6 millions de dollars de dédommagements (plus le paiement des intérêts) aux clients affectés.

«Les sanctions représentent la plus grosse pénalité jamais imposée par FINRA et reflètent l'étendue et la gravité des violations», a indiqué dans un communiqué Jessica Hopper, vice-présidente exécutive de l'organisation en charge de l'application des sanctions.

FINRA accuse Robinhood d'avoir causé des préjudices à «des millions de clients ayant reçu des informations fausses ou trompeuses de l'entreprise et à des millions de clients ayant été victimes de pannes systémiques en mars 2020».

L'organisation mentionne notamment le cas tragique d'Alexander Kearns, un jeune client de Robinhood ayant mis fin à ses jours en juin 2020 après avoir découvert que son compte de courtage Robinhood affichait un solde négatif de plus de 730 000 dollars.

AFP

L'interface peu claire de l'application a pu faire croire au jeune homme qu'il s'était gravement endetté quand son compte était en réalité créditeur, note FINRA.

Le régulateur pointe aussi du doigt le fait que des milliers d'utilisateurs aient été autorisés à échanger des options sur la plateforme alors qu'ils ne remplissaient pas les critères pour accéder à ces produits financiers complexes.

Robinhood, qui n'a pas plaidé coupable aux accusations de FINRA, assure avoir réalisé de gros investissements pour améliorer sa plateforme, en embauchant notamment des milliers de responsables pour son service client et en renforçant ses ressources pédagogiques.

«Nous sommes heureux que ce contentieux soit derrière nous et nous avons hâte de continuer à nous consacrer à nos clients et à la démocratisation de la finance pour tous», a déclaré à l'AFP Jacqueline Ortiz Ramsay, responsable de la communication de l'entreprise.

Robinhood a été fondé en 2013 sur la promesse de rendre la Bourse accessible au plus grand nombre en éliminant les commissions sur chaque opération d'achat et de vente d'actions, de fonds indiciels (ETF) ou d'options.

La plateforme s'est retrouvée sous le feu des critiques des législateurs et régulateurs américains en début d'année lorsqu'elle a limité les ordres d'achat de plusieurs actions prisées par de nombreux petits porteurs dont celle du détaillant de jeux vidéo GameStop.

Elle prévoit de faire son entrée à Wall Street d'ici à la fin de l'année.