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Lettre à mon pays

Drapeau Canada
Photo d'archives, Agence QMI

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Demain marquera le 154e anniversaire de la confédération.

Plusieurs voix se sont élevées récemment pour demander que l’on ne te célèbre pas, que l’on ne te fête pas. Pour dire que tu ne le mériterais pas.

Je ne suis pas d’accord.

Par contre, il faut le reconnaître, tu n’as pas toujours été exemplaire. Certains de tes dirigeants ont clairement manqué d’humanité. Les valeurs sur lesquelles tu reposes n’ont, en revanche, pas toujours été respectées.

Mais pour moi, à ta fête, c’est le moment de mettre de côté nos différences, nos chicanes, nos différends, pour célébrer le chemin parcouru et imaginer celui qui se dresse devant nous.

C’est le moment de se regarder dans le blanc des yeux et de se dire qu’on ne veut plus noircir les pages de notre histoire, mais esquisser les prochains chapitres sous le signe de la dignité, du respect, de la reconnaissance et de la fierté.

C’est l’occasion de miser sur ce qui nous rassemble pour panser les blessures du passé. C’est la promesse d’un meilleur avenir, un avenir où aucun enfant ne serait arraché à ses parents.

Je veux continuer de te fêter, de te célébrer, parce que je crois réellement en toi.

Je crois que, tout en reconnaissant tes erreurs du passé, tu peux tout de même jouer un rôle de leader sur les questions de droits de la personne, sur les questions de l’environnement et du rapprochement des peuples.

D’ailleurs, tu t’es illustré dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud et la libération de Nelson Mandela.

Tu as contribué à la mise en place des Casques bleus et d’une tradition de paix.

Tu as dit non à la guerre en Irak.

Tu as ouvert tes portes aux réfugiés quand le monde les rejetait.

Tu as légalisé le mariage gai.

Tu as assuré aux femmes le droit de disposer de leur corps et de s’émanciper.

Tu as participé à la libération de l’Europe lorsque tu as envoyé tes hommes en Normandie avec les alliés.

Tu as (enfin!) reconnu le Québec comme nation distincte et la langue française comme seule langue officielle du Québec. Parce que c’est d’abord comme Québécoise que je suis une fière Canadienne.

Ton histoire s’est aussi écrite durant ces moments glorieux. Et je ne veux pas les oublier.

Et parce que je sais que tu es capable de mieux, puisque tu l’as prouvé, je continuerai de te célébrer.

Signé:

Une Canadienne de Montréal de cœur et d’esprit