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La consommation de drogue en hausse à Québec

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La pandémie de COVID-19 a entraîné plusieurs dommages collatéraux, et dans la région de Québec, l'un des plus inquiétants est l’augmentation de la consommation de drogue, qui a été constatée par plusieurs organismes sur le terrain. 

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Les infirmières de la Clinique SPOT, à Québec, ont ainsi remarqué une hausse de la consommation aux différents points de service de l’organisme communautaire depuis janvier dernier.

Pour Keven Lavoie-Deschênes, un homme de 35 ans sans domicile fixe, aspirer régulièrement de la wax lui permet de se détendre.

«La détresse a beaucoup augmenté dans la dernière année et [cela engendre] donc une augmentation de la consommation», a raconté l’infirmière clinicienne Marie-Laure Paradis, qui va intervenir auprès de cette clientèle selon les souhaits de tout un chacun.

Et le travail des infirmières consiste parfois à diminuer les risques lors de la prise d’une drogue.

«Ce n’est pas de dire aux gens d’arrêter de consommer. C’est vraiment d’accompagner les gens dans leur choix à eux», a précisé la coordonnatrice générale, Nathalie Bouchard.

La moyenne par mois de surdoses involontaires non mortelles dans la région était de 12,5 l’an dernier et est passée à 39,7 cette année. Une partie de cette hausse pourrait être due à une meilleure communication avec les partenaires sur le terrain, selon le Centre intégré de santé et de services sociaux de la région.

De son côté, le directeur général de Point de Repères, Mario Gagnon, a argumenté que certaines surdoses se déroulent dans des endroits privés et ne sont donc pas calculées. Il croit donc que le chiffre pourrait être plus élevé.

L’organisme forme d’ailleurs sa clientèle à l’utilisation de la naloxone, un médicament «antidote» à la surdose, et distribue même des trousses.

Mario Gagnon a noté une hausse importante de surdoses dans les derniers mois parce que, en plus d’avoir alimenté la détresse, la pandémie a aussi eu des impacts sur l’approvisionnement de la drogue.

«Ce qui fait qu’on se retrouve avec un paquet de molécules, opioïdes, fentanyl, GHB, les recettes un peu maison, des substances qui viennent du dark web ou bien du web. Les drogues sont hyperpuissantes», a-t-il soutenu.

Pour éviter que ces surdoses deviennent mortelles, le directeur général a encouragé à ne jamais consommer seul et à utiliser le site d’injection supervisé de Québec.