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Sa vision romanesque se manifeste

Alexandre Jardin
Photo courtoisie, Denis Felix Alexandre Jardin

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Alexandre Jardin est fou de joie ces derniers temps. En entrevue, il fournit un indice. « La vie est tout simplement extraordinaire ! » Il fait une pause, puis ajoute : « Je traverse un des moments les plus magiques de ma vie. » Il révèle ensuite d’un bloc que l’histoire d’amour inattendue et poétique imaginée pour son nouveau roman, La Plus-que-Vraie, s’est manifestée dans le réel. Il est tombé raide dingue d’une Canadienne et n’attend que le « OK de Trudeau » pour s’amener de notre côté de l’Atlantique. Enfin, l’amour fou pour l’écrivain qui trouve toujours les mots parfaits pour le décrire !

Alexandre Jardin est convaincu de vivre ses plus belles années. « Il y a huit mois, je termine mon roman, je le donne à l’éditeur et il m’arrive exactement ce qui arrive dans le roman. Je fais un tweet et je rencontre une Canadienne. Elle est anglophone. Et ce que je voulais vivre et que je raconte dans le roman, je le vis à l’intensité du livre », révèle-t-il. « Depuis huit mois, on s’est écrit 4200 pages. »

« Elle est Ontarienne. Et au bout des dix premières minutes, je comprends qu’on va vivre ensemble. »

La Plus-que-Vraie, son nouveau (excellent !) roman, raconte l’histoire d’un écrivain qui croise « par hasard » une femme aux yeux de comète dont il tombe éperdument amoureux, instantanément. Leur vision de la vie, de la poésie, du monde s’accorde, et soudain, tout s’éclaire. 

À Waterloo !

Dans la vie, ça a aussi fait « Bam ! » pour Alexandre. « C’est comme si le roman avait convoqué la réalité. »

Est-ce dû au pouvoir magique des mots ? « Il existe totalement », affirme-t-il. « Un roman, c’est une méditation qui convoque la réalité. Et aujourd’hui, je sais que c’est vrai. Tout à coup, en écrivant un livre qui dit qu’on peut vivre comme dans un conte, pour de vrai, ça crée quelque chose dans la réalité qui le provoque. »

Il poursuit son histoire. « Au bout de dix minutes, je lui dis que puisqu’on va vivre ensemble, je voudrais savoir où elle habite. Elle me répond : “Waterloo.” J’ai cru que c’était en Belgique. Elle me dit : “Non, Ontario.” Alors voilà pour l’Ontario, je viens ! »

Et c’est là qu’il a découvert que le Canada était complètement fermé, COVID-19 oblige. Il a fait tout ce qu’il pouvait, « mais tout ! » pour traverser l’Atlantique. Impossible. Ils se sont mis à vivre une vie parallèle, avec un amour aussi puissant que dans le livre, sur WhattsApp. « Et on a décidé d’acheter notre maison ensemble, sans s’être vus. »

Ils ont donc acheté une maison dans le sud de la France, pour les vacances. Il a « un peu surpris » le courtier immobilier en lui disant : « Je voudrais acheter une maison pour une femme que je n’ai jamais vue. »

À ce moment-là, assure-t-il, s’est mis en route quelque chose de magique. « Quand on veut vivre dans l’absolue poésie, l’absolue poésie arrive. » S’en est suivie une suite incroyable de synchronicités, comme dans un film, pour l’achat de la maison, des meubles. 

L’amour existe

L’amour existe, quoi qu’on en dise, comme dans une comédie romantique ? « Les êtres humains veulent que ça marche », assure ce zèbre fabuleux. « J’attends de pouvoir débarquer au Canada et je vais vivre ma vie idéale. »

Avec une femme jamais rencontrée en chair et en os ? « On s’est rencontrés à un tel niveau de profondeur, de poésie et de vérité absolue, qui fait que ce genre de question ne se pose que dans les histoires d’amour secondaires. Elle ne se pose pas dans une histoire d’amour fondamentale. Dans un amour absolu, il n’y a aucune forme de peur. Je sais que ma femme m’attend, que moi, je l’attends. Et que mon roman était simplement une répétition. »

  • Alexandre Jardin est l’un des auteurs de langue française les plus lus.
  • Il a publié une vingtaine de romans, dont Le Zèbre, Fanfan, L’Île des gauchers, Juste une fois.
  • Il a également publié plusieurs récits autobiographiques, dont Le roman des Jardin, Le Zubial, Des gens très bien

EXTRAIT

La Plus-que-vraie<br/>
Alexandre Jardin<br/>
Éditions Albin Michel<br/>
environ 230 pages.
Photo courtoisie
La Plus-que-vraie
Alexandre Jardin
Éditions Albin Michel
environ 230 pages.

« Exigeons la folie. La folie d’un amour fou. Écoutons cet appel à la passion insensée, cette exhortation à la démesure. »