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Un appel... sur les réseaux sociaux pour un allergologue

Son enfant de 10 mois a été trois fois à l’urgence, mais n’a pas vu de spécialiste

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Éloïse Gugy-Deland a traversé un parcours du combattant pour avoir un rendez-vous chez un allergologue pour son fils, James, 10 mois.

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Une mère de Québec dénonce les longs délais d’attente pour consulter un allergologue, ayant dû se rendre trois fois à l’urgence après les chocs anaphylactiques de son bambin ces derniers mois, sans voir un spécialiste.

Éloïse Gugy-Deland a finalement obtenu un rendez-vous cette semaine, en partie grâce à l’appel d’une amie sur les réseaux sociaux pour lui venir en aide. 

« J’ai peur, confie-t-elle. Mon fils est une bombe à retardement et je ne sais jamais quand il va exploser. » 

Malgré les visites répétées à l’urgence, l’attente perdurait pour la mère de 23 ans, qui ne savait plus vers qui se tourner.

Plus de 500 jours

L’attente pour voir un allergologue au Québec a dépassé les 500 jours par endroits l’an dernier. Selon des chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, le délai le plus court est de 136 jours, toutes priorités confondues, à Montréal.

De plus, le service n’est même pas disponible dans cinq régions. Le Québec compte environ 70 allergologues. Environ 300 000 personnes ont des allergies alimentaires.

Ces délais ne sont pas attribuables uniquement à la pandémie. En 2016, alors qu’elle était dans l’opposition à Québec, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François--- Legault dénonçait l’attente de dizaines de mois pour voir un spécialiste.

Éloïse Gugy-Deland déplore que toute cette attente et cette incertitude concernant les allergies minent la qualité de vie.

Son fils, James, âgé de 10 mois, s’est déjà rendu quatre fois à l’urgence ce printemps. 

Une fois pour une réaction allergique sévère après un contact avec un chien et trois fois à la suite d’un choc anaphylactique. 

Allergique à tout

Désemparée, sa mère n’ose plus lui faire goûter de nouveaux aliments, encore moins des noix, par exemple. Son bébé aurait fait de graves réactions aux œufs et aux pois verts, notamment, mais la mère cherche à consulter pour en avoir le cœur net et savoir quoi éviter.

« Il prenait du Benadryl jusqu’à trois fois par semaine, parce qu’il était trop allergique à tout, on n’arrivait pas à mettre le doigt dessus », poursuit-elle, inquiète.

Elle a aussi contacté au moins huit cliniques privées, dit-elle, mais son fils était trop jeune pour leurs services.

« Je n’y crois pas », a-t-elle fini par lâcher après sa dernière visite à l’urgence, alors qu’on la renvoyait encore chez elle avec son bambin sans voir un allergologue. Son cri du cœur aurait enfin été entendu, espère-t-elle, dans l’attente de son rendez-vous.

L’Association des allergologues et immunologues du Québec n’a pas rappelé Le Journal. Allergies Québec préfère pour sa part ne pas commenter les longs délais. 

Faut être patient 

Délai moyen (en jours) pour un rendez-vous auprès d’un spécialiste en immuno-allergie

  • Saguenay–Lac-Saint-Jean: 507
  • Capitale-Nationale: 249
  • Outaouais: 246
  • Estrie: 218
  • Laval-Lanaudière-Laurentides: 202
  • Montérégie: 197
  • Abitibi-Témiscamingue: 176
  • Montréal: 136