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Emplois en restauration: de nouvelles règles vivement dénoncées

Les emplois de chef et de cuisinier ne sont plus considérés comme étant en pénurie de main-d’œuvre

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Déjà difficile à dénicher et fragilisée par la pandémie, la main-d’œuvre en cuisine est encore plus complexe à recruter pour les restaurateurs depuis que le ministère de l’Immigration a éliminé de sa liste d’immigration prioritaire les cuisiniers, chefs, gérants et pâtissiers.

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« Le gouvernement n’a jamais reconnu la pénurie dans la restauration », déplore Mathieu Pettigrew, copropriétaire du restaurant gastronomique français Le Continental et du Conti Caffe.

  • Écoutez l'entrevue de Vincent Dessureault avec Sylvain Charlebois, spécialiste en laboratoire en science analytique agroalimentaire à l’Université Dalhousie, sur QUB radio:

Aux prises plus que jamais avec une pénurie de main-d’œuvre amplifiée par la pandémie, voilà que les restaurateurs se sont vus amputés d’une des dernières solutions possibles : le recrutement à l’étranger.

Mathieu Pettigrew doit composer avec une brigade qui travaille 6 à 7 jours par semaine, faute de personnel disponible.
Photo d'archives
Mathieu Pettigrew doit composer avec une brigade qui travaille 6 à 7 jours par semaine, faute de personnel disponible.

C’est que le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a, sans tambour ni trompette, décidé d’éliminer les professions de chefs, cuisiniers, gérants et pâtissiers de sa liste de traitement simplifié. Les emplois présents sur cette liste sont considérés comme des postes spécialisés à haut salaire, pour lesquels le processus d’immigration est allégé.  

  • Écoutez l'entrevue de Danny St Pierre avec Francis Bérubé, analyste principal des politiques à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), sur QUB radio:    

Poste disparu 

Or, les postes de ce genre ont disparu de la nouvelle liste 2021 en février dernier. « Parce que le MIFI s’est dit : il y a une pandémie, il [n’] y a plus de pénurie », constate Me Maxime Lapointe, avocat expert en immigration. C’est l’hypothèse la plus plausible selon l’expert, qui avoue être à court d’explications. 

Sauf que ces dédales administratifs causent de sérieux problèmes aux restaurateurs qui veulent recruter à l’étranger, comme Le Continental, qui privilégie les chefs français.

D’abord parce que l’autre possibilité, l’étude de l’évaluation des impacts sur le marché du travail (EIMT), exige que le poste soit affiché sur au moins deux sites d’affichage pendant 30 jours, notamment auprès des groupes sous-représentés, pour prouver qu’il n’y a personne ici pour occuper le poste. 

« Tu peux te faire refuser sur ton affichage s’il est mal fait », explique Me Lapointe. Par la suite, le processus est également très contraignant et difficile surtout pour des non-initiés.

M. Pettigrew a décidé de faire affaire avec Me Lapointe en 2018 après s’être fait refuser sa demande. « Leur objectif, c’est de te refuser », constate tristement Me Lapointe. 

Trois fois plus cher

Plus encore, avec l’EIMT, le permis de travail est d’une durée d’un an seulement alors qu’avec le traitement simplifié, il était de trois ans. Cela veut donc dire que le restaurateur doit ensuite refaire la démarche deux fois, avec des frais frôlant les 1500 $ chaque fois.

« Les frais gouvernementaux font en sorte que je ne recommande à personne de faire des EIMT ». Sauf que le problème reste entier pour les employeurs. 

« Présentement, je n’en ai pas de candidats, déplore M. Pettigrew, je n’ai pas d’autre choix que d’aller à l’étranger ». 

Traitement simplifié  

Exemples de professions 

Ajoutées  

  • Plombiers     
  • Gestionnaires de la fonction publique     
  • Professionnels de la gestion de l’information sur la santé     
  • Contremaîtres des autres métiers de la construction et des services de réparation et d’installation     
  • Réparateurs/réparatrices de wagons          

Exclues  

  • Boulangers-pâtissiers     
  • Chefs     
  • Cuisiniers diplômés     
  • Directeurs de la restauration     
  • Pilotes, instructeurs de pilotage aérien     
  • Bibliothécaires     
  • Archivistes     
  • Designers d’intérieur     
  • Couturiers     
  • Bijoutiers     
  • Mécaniciens        

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