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Partisanerie, alcool et pandémie: un mélange explosif

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Avec la pandémie, l’excitation de voir enfin le tricolore en finale et l’alcool, les astres s’alignent pour que les émeutes d’après-match soient pires qu’en 1993 si la foule n’est pas suffisamment sensibilisée en cas de victoire.

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« Il y a une variable de plus cette année qui est l’effet de la pandémie, et on sait qu’elle a eu des impacts sur le bien-être psychologique des gens. Les gens ont moins de capacité de régulation, beaucoup sont irritables et ont besoin de s’exprimer davantage », souligne Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. 

La dernière fois que le Canadien a remporté la coupe Stanley, la métropole s’était retrouvée à feu et à sang malgré la présence de 1000 policiers sur place. À l’époque, l’émeute avait engendré des dizaines de millions de dollars en dommages, et 115 personnes avaient été arrêtées. 

Mélange explosif

Or, à l’approche de la conclusion de la série finale, la nervosité et l’excitation ont monté d’un cran alors que seul le Lightning de Tampa Bay se tient encore entre le Canadien et la victoire. Si on combine des séries éliminatoires attendues depuis longtemps, une forte partisanerie, de l’alcool et un effet d’entraînement, le cocktail peut vite devenir explosif, craint la psychologue. Tout ça sans compter les 15 mois de santé mentale éprouvée.

« C’est une variable à ne pas négliger, poursuit Mme Grou. On dit souvent qu’une foule a la maturité de ses individus les moins matures. »

Le hic, c’est que dans une foule « très expressive et agissante », certains perdent en quelque sorte leur identité et profitent de l’anonymat pour commettre des gestes illégaux. 

Sensibilisation

Même si le CH tire de l’arrière dans la série, il est important de sensibiliser les partisans au préalable, pour éviter qu’un événement positif ne soit assombri par des casses. « Il faut développer une culture de festivités éthiquement acceptable, c’est-à-dire qui ne causera pas de tort à autrui ou de dommages matériels. Les gestes illégaux ou criminels ne deviennent pas plus acceptables après un événement », martèle-t-elle. Heureusement, c’est loin d’être la majorité qui se laisse emporter, tempère-t-elle.