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Il n’y a plus d’option!

GEN - ENTRAINEMENT DU CANADIENS DE MONTRÉAL
Photo Martin Alarie Carey Price a repoussé plusieurs tirs à l’entraînement du Canadien, hier, à Brossard.

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Dominique Ducharme a rapidement tranché. Carey Price sera à son poste.

Croyait-on vraiment que l’entraîneur du Canadien se tournerait vers Jake Allen pour le quatrième match de la série ultime ?

Certes, si l’on épie le travail de Price, après trois matchs contre le Lightning de Tampa Bay, la tentation de procéder à un changement invite à une très courte réflexion.

Et pour une bonne raison.

Tu aimerais remplacer ton gardien, mais par... Carey Price.

Celui qui a protégé la forteresse avec une grande assurance lors des trois premiers tours des séries éliminatoires. Tu veux le retrouver. Il n’a pas fait l’école buissonnière, non. Disons que, pendant les cours récents, il n’a pas réuni les mêmes ressources lui permettant de réagir à toutes les situations.

Pourtant, avant d’affronter le Lightning, rien ne semblait l’embêter. Au contraire, il semait chez l’adversaire une inquiétude allant même jusqu’à l’intimidation.

Il faut croire que la dernière étape n’a réservé que de mauvaises surprises.

Indécis et brouillon

Les joueurs du Lightning prennent un malin plaisir à tirer dans toutes les directions, ils marquent des buts après avoir provoqué des erreurs chez une formation ayant perdu certains attributs autant en attaque qu’en défense et, malheureusement, Price ne parvient plus à répondre à toutes les questions de l’examen.

Il est indécis. Il est brouillon dans ses déplacements autour de son filet, alors que, dans les autres séries, il poursuivait la tradition de Martin Brodeur : incarner un rôle de troisième défenseur. Certains soirs, il a été le meilleur passeur chez les arrières. Hélas, il ne parvient pas à changer la donne par un arrêt susceptible de relancer son équipe. Sa confiance n’est pas très élevée présentement.

Et, à cet égard, faut-il croire que le Canadien a besoin d’une autre année pour bien assimiler la matière, pour pouvoir composer avec cette adversité qui cache toujours des pièges qu’on ne parvient plus à éviter avec autant d’efficacité que lors des trois premiers tours ? Le Lightning, avec l’expérience acquise au cours des dernières saisons, une équipe ayant pris le champ en quelques occasions avant de retrouver tous ses moyens pour affronter la tempête, joue avec un aplomb ramenant le CH à la dure réalité.

La différence

Y a-t-il un écart aussi marquant entre les deux formations ?

Les résultats tendent à aller dans cette direction. 

  • Andrei Vasilevskiy a été supérieur à Price jusqu’à maintenant. 
  • L’attaque du Lightning frappe à tous les moments. 
  • Celle du Canadien montre des signes inquiétants. 
  • Sur le plan individuel, les joueurs du Lightning ne manquent pas d’énergie ni de créativité. Ceux du Canadien ne parviennent pas à embêter sérieusement la brigade défensive du Lightning. Josh Anderson, Tyler Toffoli, Jesperi Kotkaniemi sont plongés dans un profond mutisme. Brendan Gallagher également. Corey Perry, Joel Armia et Eric Staal n’ont pas cette magie des trois premières rondes. Le trio de Danault fournit un effort louable sur le plan défensif, mais celui de Yanni Gourde ajoute une attaque plus diversifiée à sa mission, laquelle consiste à rendre la vie difficile aux meilleurs pointeurs de l’ennemi. 
  • Et sur le plan de la brigade défensive, celle du Canadien a été exposée à multiplier les revirements.  

Ce que le Canadien a réalisé au cours des dernières semaines est génial. Écarter de son parcours des équipes comme Toronto, Winnipeg et Vegas, cela se veut un exploit que personne n’avait envisagé.  

Par contre, a-t-on encore suffisamment d’essence dans le réservoir ?

Et la réalité remet-elle les pendules à l’heure ?  

Long processus

Le Lightning a atteint le statut de la meilleure formation de la ligue avec des effectifs jeunes et expérimentés, très talentueux, impliqués dans un modèle d’affaires brillamment développé au fil des années par Julien BriseBois et Jon Cooper. Mais ça ne s’est pas fait du jour au lendemain.

Il s’agit d’un long processus.

Le Canadien est embarqué dans ce processus. Brûler les étapes, c’est toujours possible, mais très souvent impensable. Surtout quand on doit combler un écart de 0-3 et contre une formation aussi redoutable, aussi puissante que celle du Lightning.

Carey Price et Shea Weber arrivent à la croisée des chemins. Ils ont toujours la possibilité de réaliser leur rêve... mais les chances d’atteindre l’objectif se sont amenuisées considérablement au cours de la dernière semaine.

Déjà qu’atteindre la grande finale semblait tirer de la science-fiction, maintenant les joueurs du Canadien devront battre le Lightning quatre matchs de suite : croit-on toujours au miracle ? 

Tampa ne pourra y échapper  

Julien BriseBois et l’organisation du Lightning de Tampa Bay ont bien planifié le modèle d’affaires de la saison 2020-21. Il fallait contourner le plafond salarial et maintenir les standards établis par les dirigeants de l’équipe.

Le dossier Nikita Kucherov a fait jaser. Le plafond salarial de l’équipe dépasse de 18 M$ la limite permise. Peut-être. Mais les règlements le permettent en séries éliminatoires. 

Cependant, quand s’ébranlera la prochaine saison, le Lightning, qui retrouvera le Canadien dans sa division, comme c’était le cas il y a un an, risque d’avoir effectué plusieurs changements sur le plan des effectifs. Il faudra libérer des patineurs. Il faudra laisser partir quelques joueurs qui disposeront du marché des joueurs autonomes pour trouver une niche dans une autre ville.

Également, il y a la séance de l’expansion.

Pas étonnant que Jon Cooper, invité à commenter la situation à Tampa, ait précisé que les joueurs savaient très bien que pendant l’entre-saison, certains devront partir.

« Est-ce une source de motivation ? Sans doute. » Les joueurs ont la possibilité de gagner la coupe Stanley pour une deuxième saison de suite. Ça ne se produit pas souvent. »

Le Lightning ne pourra pas échapper aux caprices du plafond salarial.