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Le ministre Charette promet plus d’accès aux lacs

En entrevue, Benoit Charette dit travailler à des projets de tourisme pour mettre l’eau et la forêt en valeur

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Benoit Charrette
Ministre de l’Environnement

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La pandémie a fait prendre conscience au gouvernement que les Québécois doivent avoir un plus grand accès à leur « patrimoine naturel », dont leurs lacs. 

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« Une des caractéristiques du Québec, c’est son patrimoine naturel: nos lacs et nos forêts, mais il faut en donner l'accès et il y a de sérieux, sérieux problèmes à ce sujet », reconnaît le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, en entrevue avec notre Bureau d’enquête.

Comme le démontrait notre dossier ce week-end, avec la privatisation des berges et les frais élevés exigés par les municipalités, les lacs sont de moins en moins accessibles. 

Et le phénomène s’accentue avec la pandémie. Antoine Verville, DG du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec, constate que « les accès pour se baigner ont été complètement sursollicités l’été dernier. On a vu plein d’histoires, comme les chutes de Rawdon, la plage à Shannon à Québec, la rivière Bonaventure en Gaspésie ».

Le ministre en est conscient. « La pandémie nous aide à prendre ce virage, étant donné l’attrait accru pour un tourisme au Québec », précise-t-il. Ce dernier dit travailler avec les ministères du Tourisme, des Affaires municipales, des Forêts, de la Faune et des Parcs pour développer des projets de tourisme durable.

« À partir du moment où plus de gens pourront découvrir les beautés du territoire, ça va augmenter aussi la conscientisation sur la nécessité de le protéger adéquatement », croit-il.

Manque de suivi et d’argent

L’an dernier, un rapport du commissaire au développement durable critiquait le manque de cohérence du gouvernement concernant la gestion de l’eau et le manque de soutien aux organismes en matière de protection des lacs.

M. Charette dit avoir pris acte du rapport. Au cœur de sa stratégie, le Forum d’action sur l’eau. En plus de six sous-ministres, ce groupe compte des représentants de municipalités, d’entreprises, de l’Union des producteurs agricoles et des organismes de protection de l’environnement.

Budget marginal

Selon M. Verville, qui siège aussi sur le forum, un sous-comité sur les lacs devrait être créé, mais l’enjeu financier demeure. « Si on veut restaurer des berges, contrôler de l'érosion, modifier des installations septiques, créer des accès, laver les embarcations et sensibiliser les plaisanciers, ça va prendre des investissements », insiste-t-il.

« Il faut que le gouvernement fasse du dossier lacs une priorité d'investissement, aux côtés d'enjeux comme la relance économique, la santé, les écoles ou les routes », insiste M. Verville.

Le ministre Charette rétorque que les sommes sont là et que le budget de son ministère a été haussé de 59 % depuis 2018. « La place de l'environnement autour de la table n'a jamais été aussi importante, il faut enlever cette idée d'un poids marginal de l'environnement au sein des du processus décisionnel », dit-il.

Reste que le budget en environnement est faible par rapport à ceux des autres ministères. Il représente 1,5 % du total des dépenses du gouvernement, déplorait Nature Québec en mars dernier au sujet du budget 2021-2022. 

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