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Le TGF lancé à Québec est une «grande victoire», selon Labeaume

Le TGF lancé à Québec est une «grande victoire», selon Labeaume
Photo Stevens Leblanc

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Ottawa a choisi Québec pour annoncer le lancement du projet de train à grande fréquence, qui pourrait coûter jusqu'à 12 G$. C'est «une grande victoire», selon le maire de Québec, pour qui ce projet, qui passera notamment par l’aéroport, est nécessaire.

• À lire aussi: Le futur train à grande fréquence inclura le segment Québec-Montréal

Trois ministres fédéraux, Jean-Yves Duclos, François-Philippe Champagne et Omar Alghabra, et un secrétaire parlementaire, Joël Lightbound, s’étaient déplacés à Québec. Le ministre Alghabra, parti de Toronto, a pris 11 heures pour se rendre en train. C’est beaucoup trop long, a-t-il dit, heureux de confirmer que l’investissement des fonds de 500 M$ annoncés au dernier budget fédéral pour le projet de train à grande fréquence allait commencer. Ceux-ci serviront à entamer des consultations avec les communautés, dont les autochtones, mais aussi à accélérer les pourparlers avec les compagnies de chemin de fer pour le partage de certaines sections de voies, notamment pour l’accès aux centres-villes.

Mais pour le maire de Québec, Régis Labeaume, cette annonce avait une portée symbolique. «C’est une très grosse victoire pour la ville de Québec, la capitale nationale. Cette conférence de presse prouve que nous avions raison de nous battre pour que la ville de Québec soit incluse dans le projet. Le fait que la première annonce soit à Québec est remarquable.»

Le TGF lancé à Québec est une «grande victoire», selon Labeaume
Photo Stevens Leblanc

Le train fera un arrêt à l’aéroport international Jean-Lesage, où une gare sera construite. Le ministre Duclos estime que ce projet aidera l’aéroport à se développer. À moyen terme, il contribuera à lui permettre de se remettre sur pied après l’année difficile qu’il vient de vivre, dit-il.

La relance économique passe par ce projet, a indiqué le premier magistrat de Québec. La clé de cette infrastructure est la fréquence et la fiabilité. Un trajet Québec-Montréal sera réduit de 30 minutes. Un parcours entre Québec et Toronto, de 90 minutes, ont indiqué les politiciens. 

Le TGF lancé à Québec est une «grande victoire», selon Labeaume
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Pour le PDG de la Chambre de commerce de Québec, Steeve Lavoie, le taux d’efficacité du train qui passera de 65% à 95% changera tout pour les gens d’affaires qui sauront qu’ils peuvent se déplacer entre Québec et Montréal de façon fiable. «Ça change la donne.»

Le futur train circulera à 200 km/h sur un parcours de 1000 km sur des voies dédiées au transport des passagers. Il circulera entre Toronto et Québec, avec des arrêts à Ottawa, à Montréal et à Trois-Rivières. Il empruntera des voies existantes, mais également de nouvelles voies. Pour cela, le gouvernement devra procéder à des achats de terrain. Le ministre Duclos a confiance que les entreprises ferroviaires à qui appartiennent des emprises existantes auront intérêt à collaborer. 

Le TGF lancé à Québec est une «grande victoire», selon Labeaume
Photo Stevens Leblanc

Le gouvernement ne donne pas de montant précis pour son projet. On a évoqué des montants de 6 à 12 G$ mardi. Cet automne, un premier appel de proposition sera lancé pour dénicher un partenaire privé avec qui s’associer. On anticipe qu’il sera complété en 2030 et que l’achalandage de 4,8 M$ de passagers par année quadruplera d’ici les 30 prochaines années.       

  • Écoutez l'entrevue avec Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor et député libéral de Québec sur QUB radio:    

Le ministre Champagne a assuré qu'il n'y a rien d'électoral dans cette annonce, alors que la rumeur d'élections fédérales continue de planer. Cela ne convainc pas le NDP, qui y voit clairement une manoeuvre électoraliste. « Avec cette annonce, on sait maintenant que les libéraux ont commencé leur campagne électorale en faisant miroiter des projets qui font rêver les gens, mais qui risquent de rester lettre morte comme leur promesse d'assurance-médicaments, a soutenu Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD. Ça fait 6 ans qu'ils sont au pouvoir et ce n'est qu'aujourd'hui qu'ils commencent sérieusement à s'intéresser à cet enjeu pour lequel on milite depuis longtemps. [...] On parle d'investissements de l'ordre de 12 milliards? Où sont ces sommes? Les libéraux n'ont prévu que des miettes dans leur dernier budget.» 

Même constat au Bloc québécois. Le porte-parole en matière de Transports, Xavier Barsalou-Duval, estime qu'«il s’agit d’un énoncé d’intention qui a toute la nature d’une promesse électorale. Cela fera maintenant six ans et trois élections que le projet figure parmi les promesses électorales libérales et il n’y a toujours aucune garantie que le projet se concrétisera dans les faits. Ce énième engagement des libéraux ne pourra toutefois être oublié et nous comptons bien veiller à ce qu’il se réalise, en talonnant notamment le gouvernement afin que les bottines suivent les babines».

Du côté des organismes qui font la promotion du transport durable, on applaudit l'annonce. Accès Transports viables souligne que la conception doit prévoir une possibilité de conversion éventuelle en train à grande vitesse et rappelle que la tarification doit d’être «compétitive».

Trajectoire Québec ajoute qu'«il est nécessaire de prévoir dès maintenant une connexion efficace entre le futur tramway de Québec et le TGF et de prolonger le REM jusqu’à la gare Dorval».  

PROJET DE TRAIN À GRANDE FRÉQUENCE (TGF) 

  • Trajet de 1000 km entre Toronto et Québec
  • Arrêts à Ottawa, Montréal, Trois-Rivières
  • Coût estimé entre 6 G$ et 12 G$
  • Circulera à 200 km/h sur des voies dédiées
  • Ouverture prévue en 2030
  • Selon les prévisions du gouvernement, le nombre de passagers actuel, 4,8 millions par an, quadruplera d’ici 30 ans.

CE QU'ILS ONT DIT

« C’est le plus grand projet d’infrastructure des dernières décennies au pays. » -François-Philippe Champagne, ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie

« Avec cette annonce, on sait maintenant que les libéraux ont commencé leur campagne électorale en faisant miroiter des projets qui font rêver les gens, mais qui risquent de rester lettre morte. » -Alexandre Boulerice, chef adjoint du NPD

« Ce énième engagement des libéraux ne pourra être oublié et nous comptons bien veiller à ce qu’il se réalise, en talonnant notamment le gouvernement afin que les bottines suivent les babines. » -Xavier Barsalou-Duval, porte-parole en matière de Transports au Bloc québécois

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