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Même après les ratés de la tuerie du Vieux-Québec, les systèmes de communication d’urgence sont sécuritaires, selon le VG

Même après les ratés de la tuerie du Vieux-Québec, les systèmes de communication d’urgence sont sécuritaires, selon le VG
Photo d'archives Agence QMI, Marc Vallières

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Le vérificateur général de la Ville de Québec, Michel Samson, se veut rassurant. Les systèmes de communication d’urgence qui ont connu des ratés le soir du 31 octobre 2020 lors de la tuerie du Vieux-Québec ne posent pas de danger pour la sécurité publique, bien que plusieurs incidents aient été rapportés par les utilisateurs.

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Dans son rapport annuel, le vérificateur général (VG) s’est penché sur l’implantation du système de répartition des appels par ordinateur (RAO), mis en place à partir de mai 2019.  

Lenteur des cartes géographiques, fermeture inusitée de l’application et gel de l’écran sont des exemples de situations qui ont été portés à l’attention du VG par le Service de police de la Ville de Québec.   

Pour la plupart des situations analysées, des corrections ont été apportées entre juillet 2020 et avril 2021, soutient M. Samson.   

«Présentement, je peux vous dire que oui, la population est en sécurité [avec le RAO]. Il reste encore certains éléments à améliorer. [...] Il y a un suivi qui est assuré de près par le Service des technologies de l’information», a-t-il dit.   

M. Samson estime que l’implantation du RAO, qui permet de transmettre des informations en temps réel au personnel à bord des véhicules de patrouille et d’incendie, et du système du service évolué de radiocommunication pour l’agglomération de Québec (SERAQ) a été réalisée selon les règles de l’art.   

Le VG poursuivra son analyse lors du deuxième volet de la vigie, créée en novembre 2020, pour les éléments qui sont en cours de correction. Pour sept des huit situations analysées, des corrections ont été apportées, assure-t-il.  

Pour le problème de connexion qui est survenu lors d’une panne majeure, le Service des technologies de l’information (STI) de la Ville de Québec travaille à résoudre le problème. 

Simulations à la suite de la tuerie

À la suite du 31 octobre, deux simulations ont été réalisées concernant la capacité du système de RAO de prendre en charge un événement majeur. Ces simulations ont mobilisé plus de 30 unités de police. Elles ont démontré que le RAO et le SERAQ «fonctionnent bien ensemble, même à haute intensité», a ajouté Luc Monty, directeur général de la Ville de Québec. 

«Les budgets sont là, les équipes sont là. C’est une priorité pour l’administration», a-t-il dit.  

En mai 2021, 74 incidents avaient été reçus, dont 57 résolus, et 17 étaient toujours en cours d’analyse.   

«Il y a d’autres améliorations qui sont en cours présentement», a réagi Rémy Normand, vice-président du comité exécutif.   

Ce dernier ne peut garantir que les policiers de Québec sont à l’abri de problèmes technologiques comme ceux qui sont survenus le soir du 31 octobre.   

«Pour l’instant, c’est encore susceptible de se produire. Il faut comprendre qu’avec l’ancien système, la probabilité que ça se produise était encore plus grande parce que notre couverture était moindre que celle que nous avons présentement», a-t-il ajouté.  

La Ville fera d’ailleurs l’acquisition «d’enrichisseurs d’ondes» qui seront installés sur des édifices publics pour améliorer la couverture des communications. Au niveau de l’attribution des contrats pour ces systèmes, M. Samson n’a décelé aucune anomalie.  

Des correctifs apportés trop tard  

La Fraternité des policiers et des policières de la Ville de Québec (FPPVQ) a réagi en fin d’après-midi mardi au rapport du vérificateur général. 

«En ce qui concerne la SÉRAQ, certaines problématiques étaient connues avant le déploiement à l’ensemble des policiers et auraient dû, à notre avis être corrigées dès le départ. Dans le cas de certains équipements, par exemple la qualité de tissus des chemises, il est possible d’attendre un an pour apporter des modifications. Mais dans le cas de la RAO et de la SÉRAQ, certains correctifs s’avéraient importants et ont été pris en charge, à notre avis, beaucoup trop tard», a déclaré Martine Fortier, présidente de la FPPVQ.  

«Heureusement, il y a eu des améliorations, mais il est décevant de lire que tout semble avoir été fait dans les règles de l’art, et ce, dès l’implantation car ce n’est pas le constat qui a été fait par nos policiers. Nous attendrons impatiemment le "tome 2"», a ajouté Mme Fortier. 

Patrimoine bâti

Au chapitre du patrimoine immobilier, le vérificateur général estime que l’inventaire des bâtiments patrimoniaux à la Ville de Québec n’est pas complet et que les intervenants de la Ville disposent d’une connaissance limitée de la valeur patrimoniale et de l’état de l’enveloppe des bâtiments patrimoniaux.   

Moderniser la structure de gouvernance pour réduire les instances d’approbation    

Selon le vérificateur général de la Ville de Québec, des ajustements au niveau de la gouvernance d’ExpoCité sont nécessaires à la suite des changements importants qui ont été apportés à la nature des infrastructures du site.   

«La Ville doit maintenant actualiser la mission d’ExpoCité et moderniser sa structure de gouvernance de façon à bien encadrer les investissements et les dépenses qui y sont liés et à en maximiser les retombées», dit-il.   

Selon Rémy Normand, vice-président du comité exécutif, la planification stratégique amorcée il y a deux ans devrait répondre aux préoccupations du vérificateur général.   

La Ville mise aussi sur la nouvelle directrice générale d’ExpoCité, Catherine Chénier, pour accélérer le processus de transformation.  

Malgré les imperfections soulevées, aucune opportunité d’affaires n’a été ratée à cause du processus décisionnel actuel, selon M. Normand. 

«En termes de gains d’efficacité, je ne suis pas sûr qu’il y a un grand potentiel, mais je pense qu’il faut procéder à cette révision-là pour ExpoCité», a-t-il dit.