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Un projet de 600 M$ pour de l’ammoniac vert

L’usine québécoise produirait du carburant pour navires

Un des navires de la multinationale Trafigura, un des actionnaires d’Hy2gen, le promoteur du projet d’usine d’ammoniac vert. Hy2gen Canada vise le secteur de la mobilité maritime, car l’ammoniac est notamment un carburant.
Photo tirée de Twitter Un des navires de la multinationale Trafigura, un des actionnaires d’Hy2gen, le promoteur du projet d’usine d’ammoniac vert. Hy2gen Canada vise le secteur de la mobilité maritime, car l’ammoniac est notamment un carburant.

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Un groupe allemand veut construire au Québec une usine de production d’ammoniac vert. Un projet dont la facture pourrait atteindre les « 600 millions $ ».

« Nous n’allons pas cibler tout de suite le marché des fertilisants. Nous allons viser le secteur de la mobilité maritime. L’ammoniac est aussi un carburant », a indiqué au Journal le président d’Hy2gen Canada, Cyril Dufau-Sansot.

Ces derniers mois, l’entreprise Hy2gen Canada, filiale de la compagnie allemande portant le même nom, s’est inscrite au Registre des lobbyistes. La direction cherche notamment à obtenir « un appui financier, sous forme de prêt, de subvention, de rabais d’électricité ou d’équité » pour ce chantier.

« L’appui gouvernemental servirait au développement du projet, ainsi qu’à l’ingénierie, l’achat d’équipement, à la construction de l’usine et à favoriser la rentabilité générale de l’investissement », peut-on lire dans le mandat au Registre des lobbyistes. Le montant de la demande n’est pas dévoilé.

Selon M. Dufau-Sansot, les travaux pour l’usine de production d’ammoniac vert, fabriqué avec de l’hydrogène vert obtenu par électrolyse de l’eau, pourraient commencer à la fin 2022. L’objectif est d’être en activité en 2025. 

L’homme d’affaires refuse toutefois, pour le moment, de révéler le site en raison « d’accords de confidentialité ». Selon nos informations, la direction a, entre autres, eu des discussions pour établir ce développement à Baie-Comeau. Il aurait également eu des échanges avec la Société du Plan Nord. 

C’est un autre endroit, situé « le long du fleuve Saint-Laurent », qui aurait été sélectionné par le promoteur. Mentionnons que l’un des actionnaires d’Hy2gen est Trafigura, un important transporteur maritime. C’est d’ailleurs pour cette raison que la compagnie vise en premier lieu le marché des biocarburants.

«Nous avons déjà fait les études de faisabilité. Nous avons déjà sécurisé le foncier et les débouchés de l’ammoniac vert. Là, nous attaquons les études techniques pour préparer la construction. En parallèle, nous discutons avec les gouvernements provincial et fédéral concernant les aides», a expliqué le grand patron, dont la filiale canadienne est en activité depuis 2018. 

«On va être sur une production de 500 tonnes par jour, qui va nécessiter une puissance d’environ 200 mégawatts», a-t-il poursuivi. L’entreprise travaille également sur un projet similaire du côté de la Norvège.

D’autres projets

En 2019, Hy2gen avait annoncé la création d’une coentreprise avec le producteur d’éthanol Greenfield Global pour la construction d’une usine d’hydrogène vert à Varennes. 

Ce projet baptisé Hénergia est estimé à environ 250 millions $. Le président espère amorcer les travaux en 2023, si tout va selon les plans. « Nous sommes en cours d’ingénierie », a noté M. Dufau-Sansot.

La direction d’Hy2gen dit avoir aussi collaboré au projet d’usine de biocarburants de 875 millions $ d’Enerkem, à Varennes (Recyclage carbone Varennes) avec Hydro-Québec.

La société Hy2gen affirme avoir plusieurs projets en développement, notamment au Canada, en France, en Norvège et en Allemagne.

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