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Le français: who cares?

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Je n’ai aucun intérêt pour la fonction de gouverneure générale. 

C’est un poste de plante verte, de potiche, de représentant d’une monarchie désuète. 

Mais comme ce poste (salaire et pension à vie) est payé grassement avec mes impôts, je m’y intéresse.

Quand j’ai appris que la prochaine gouverneure générale ne parlerait pas un mot de français, j’ai vu rouge. Comme le drapeau du « plusse meilleur pays du monde ». Si on doit payer des centaines de milliers de dollars pour une fonction de mangeur de petits fours et de coupeur de cordons lors de cérémonies officielles, que la personne qui occupe ce poste superfétatoire me parle au moins dans ma langue !

ROYALEMENT IGNORÉE

Mary Simon parle l’inuktitut et l’anglais, mais pas le français. Elle a appris l’anglais dans un externat fédéral où le français n’était pas enseigné.

Je ne blâme pas Mme Simon... mais je blâme ceux qui n’ont pas mis comme critère d’embauche que le chef d’État d’un pays bilingue devait être... bilingue !

Je comprends la symbolique de nommer une femme et de nommer une Autochtone, bien sûr, dans le contexte actuel. Mais aux dernières nouvelles, il y avait deux langues officielles dans ce pays. Impossible de ne pas voir dans cette nomination de Justin Trudeau un aveu que pour les libéraux, la notion de « diversité » n’inclut pas la diversité linguistique. 

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Madame Simon n’avait qu’une phrase en français dans son discours officiel. Elle nous a dit qu’elle « pré trèze au sério » son rôle de « défenseur de la diversité culturelle et linguistique »... Personne au gouvernement n’a trouvé que c’était une gifle au visage des francophones, « a mari usque ad mare », d’un océan à l’autre ?

On sent de moins en moins que le français et les francophones sont respectés dans ce pays.

Vous voulez un autre exemple ? Radio-Canada a publié le 18 juin un texte de Daniel Leblanc intitulé : « Un PDG unilingue au Musée canadien de l’histoire ? » 

On y apprenait que « Le candidat qui est favorisé par le gouvernement Trudeau pour prendre les rênes du Musée canadien de l’histoire à Gatineau suscite la controverse à l’interne, notamment en raison de craintes quant à sa connaissance du français. [...] Le candidat favorisé par le gouvernement est loin d’avoir impressionné le CA du conseil d’administration du Musée en ce qui a trait à son niveau de bilinguisme ».

Et ce n’est pas tout. 

Daniel Leblanc nous rappelait aussi qu’en 2019, le gouvernement avait choisi Sasha Suda (une unilingue anglophone) pour diriger le Musée des beaux-arts du Canada. Elle avait bien sûr promis qu’elle allait apprendre la français. « Mais l’an dernier, elle a suscité de nombreuses critiques en offrant une visite virtuelle du Musée des beaux-arts uniquement en anglais », nous dit Daniel Leblanc.

Quel beau pays que le Canada... Gouverneure générale ? Pas de français. Musée des Beaux-arts ? In English only. Musée de l’histoire ? I don’t speak French !

Et vous voulez nous faire croire que l’on est des citoyens à part entière ? On s’en souviendra aux prochaines élections...

LA LANGUE DE CHEZ NOUS 

Mme Simon, la nouvelle gouverneure générale, a déclaré : « Je me suis engagée à apprendre le français et je suis prête à commencer n’importe quand après mon installation à Rideau Hall ».

On salue l’effort. Mais pourquoi ai-je comme le sentiment que le français, encore une fois, est vu non pas comme une langue seconde mais comme une langue... de seconde classe ?