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Mary Simon, une nomination nécessaire

Mary Simon
Capture d'écran Mary Simon

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La nomination de Mary Simon au poste de gouverneure générale du Canada tombe à point nommé.

Les horreurs découvertes récemment à Kamloops et en Saskatchewan nous ont frappés de plein fouet. Ceux qui étaient jusque-là insensibles au sort des autochtones, aux traitements qui leur avaient été réservés et au racisme systémique dont ils ont été (et sont toujours) victimes se sont réveillés de manière on ne peut plus brutale. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin de la réconciliation sera long et ardu. Mais cela commence par des gestes, symboliques peut-être, mais nécessaires, afin d’assurer la pleine représentativité des peuples autochtones au sein de nos institutions. Quoi de mieux que d’avoir une militante des droits autochtones au poste de commandante en chef des Forces armées canadiennes et gouverneure générale du pays? Le symbole est important et c’est une image qui mérite d’être soulignée. 

Je ne peux passer sous silence le fait que Mme Simon ne parle pas un mot de français, bien qu’elle vienne du nord du Québec. C’est regrettable qu’elle n’ait pas jugé opportun de prononcer une seule phrase en français lors de son discours. J’ose espérer que sa promesse d’apprendre rapidement la langue de Molière, une des deux langues officielles du pays, dois-je le rappeler, aura l’effet escompté. Je suis prête à donner la chance au coureur. L’avenir nous le dira. 

Néanmoins, sa nomination demeure juste, pertinente, courageuse et nécessaire. Bien que le rôle de gouverneure générale demande une certaine retenue, notamment sur le plan politique, je suis certaine que Mme Simon saura conjuguer ses responsabilités officielles avec les causes qu’elle a défendues toute sa vie. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une contradiction ou d’un conflit d’intérêts, bien au contraire: il s’agit de l’essence même de la démarche de réconciliation, une démarche inclusive et non partisane.

La nomination de Mary Simon s’inscrit dans une volonté certaine du gouvernement, d’ouvrir nos institutions aux minorités. 

D’ailleurs, il y a à peine quelques semaines, le gouvernement a également nommé Mahmoud Jamal, un éminent avocat, au poste de juge à la Cour suprême du Canada. Il a fallu attendre 2021 pour qu’un juriste canadien issu d’une minorité visible accède au banc du plus haut tribunal du pays. Il faut dire que sa feuille de route est des plus éloquentes et que son profil impose le respect et l’admiration: bilingue, Me Jamal a défendu plusieurs causes importantes, plaidant devant la Cour suprême à plusieurs reprises. En plus de s’être illustré comme avocat plaideur , il a connu un succès certain comme professeur de droit. 

Personnellement, j’applaudis à ce vent de changement. Cela renforce l’idée qu’au Canada, que tu sois né en Tanzanie ou à Kuujjuaq, tu peux légitimement aspirer à d’importantes fonctions au sein des institutions phares du pays. C’est ça, le rêve canadien.