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Nouveau vélo, nouvelle destinée

La Québécoise Marie-Ève Croteau pourra compter sur un vélo adapté à elle de A à Z lors des Jeux de Tokyo

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La paracycliste de 42 ans Marie-Ève Croteau a comme objectif de monter sur le podium lors des prochains Jeux de Tokyo.

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Après avoir surmonté une multitude d’obstacles dans sa vie, la paracycliste croit finalement que la chance va tourner en sa faveur aux prochains Jeux paralympiques de Tokyo, qui se tiendront du 24 août au 6 septembre.

On dirait que la malchance suit Marie-Ève Croteau partout depuis qu’un chauffard en état d’ivresse l’a happée à l’âge de 14 ans. Elle a dû surmonter depuis un virus s’attaquant à la moelle épinière, la bactérie mangeuse de chair, un coma de cinq jours, une commotion cérébrale lui faisant rater sa participation aux Jeux de Londres, le vol de son vélo avant les Jeux de Rio et une multitude d’autres épisodes malheureux. La résiliente athlète reste pourtant toujours positive.

« En fait, c’est le contraire. Je me trouve chanceuse ! J’ai beaucoup de gens qui m’aiment et qui souhaitent ma réussite. Finalement, je crois que les astres s’alignent au bon moment et je suis hyper contente de pouvoir compter sur un nouveau vélo. C’est un nouveau départ », précise la femme de 42 ans.

Un vélo bien spécial

La conception de la nouvelle monture de la paracycliste a été confiée au centre d’innovation TOPMED.

« Le vélo est adapté à moi de A à Z. Il est plus petit et compact et il offre une meilleure performance dans les virages. Je suis vraiment bien sur celui-ci. »

On peut voir l’athlète sur son nouveau vélo en compagnie de l’orthésiste-prothésiste chez TOPMED Élizabeth Lafrance.
Photo Stevens LeBlanc
On peut voir l’athlète sur son nouveau vélo en compagnie de l’orthésiste-prothésiste chez TOPMED Élizabeth Lafrance.

Pour en venir au produit final, il y a eu un bon nombre de tests effectués qui ont commencé sur son ancien vélo pendant une période de deux ans. Plusieurs problèmes se sont posés comme obstacles.

« Nous avons utilisé la technologie 3D pour fabriquer sa prothèse à son bras gauche. Il fallait également s’assurer de n’avoir aucun frottement ou point de pression et c’est difficile, car Marie-Ève ne perçoit pas la douleur, ce qui veut dire qu’on ne peut pas vraiment se fier à ses rétroactions. Nous avons finalement trouvé les solutions et nous sommes fiers du produit final », explique l’orthésiste-prothésiste chez TOPMED Élizabeth Lafrance. 

Un point sur lequel Mme Lafrance et son équipe ont écouté à fond l’athlète, qui avait terminé à 20 secondes d’un podium aux Jeux de Rio, c’est sur l’aérodynamisme.

« Tout a été conçu en respectant les principes d’ergonomie. Je dépense le moins d’énergie possible et je peux adopter une position très aérodynamique, c’est un avantage. Le seul point un peu plus négatif est que mon vélo peut verser un peu plus facilement en raison de son allure compacte. On ne peut pas tout avoir. Un bon vélo est un peu l’équivalent d’une bonne voiture pour un pilote automobile, il augmente la confiance de celui-ci », précise Croteau.

Le tout pour le tout

L’objectif est très simple pour l’athlète originaire de Québec : il faut un podium à Tokyo.

« La couleur de la médaille ne me dérange pas, mais c’est vraiment ce que je désire. J’ai même quitté mon travail pour me concentrer uniquement sur mon rôle d’athlète. Je suis certaine que je peux le faire. Je n’ai jamais eu d’aussi bons résultats dans mes entraînements. Je bats constamment mes records personnels. Il suffit de le faire soit à l’épreuve du contre la montre ou à l’épreuve de route dans environ deux mois. »

Touche finale

L’athlète paralympique achève actuellement sa préparation pour atteindre la meilleure forme possible au Japon. Elle part la semaine prochaine pour une semaine de camp d’entraînement au centre national d’entraînement de Bromont. Elle planifie une semaine similaire juste avant son départ pour Tokyo. 

« Londres m’a permis de rêver. Rio m’a permis de participer et de vivre une partie de mon rêve, c’est maintenant l’heure de l’accomplir au maximum en rapportant une médaille au Québec », termine celle qui assure qu’elle sera de l’aventure pour les Jeux de Paris, en 2024.