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Crime organisé: un influent leader devra rester en maison de transition

Gregory Woolley, opération Magot
Photo courtoisie Gregory Woolley
Chef de gang

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Gregory Woolley, considéré comme l’un des plus influents leaders du crime organisé à Montréal, est jugé trop à risque pour reprendre sa pleine liberté dès maintenant.

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C’est ce que la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) vient de décider en ordonnant que le chef de gang de 49 ans reste en maison de transition jusqu’à l’automne.

Woolley y purge la dernière année d’une peine qu’il a écopée pour gangstérisme et complot pour trafic de drogue, après avoir quitté le pénitencier en novembre dernier.

Il était à la tête d’une alliance d’affaires avec la mafia italienne, les gangs de rue et les Hells Angels au moment de son arrestation en 2015 dans l’opération Magot-Mastiff. 

L’ex-garde du corps du chef déchu des Hells, Maurice « Mom » Boucher, contrôlait l’approvisionnement et le trafic de cocaïne dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où son organisation a écoulé 192 kilos de cette drogue entre 2011 et 2015. 

Le service correctionnel fédéral suggérait que Woolley, dont le comportement est « conformiste » depuis sa condamnation, puisse rentrer chez lui auprès de sa famille avant la fin de sa peine. 

La CLCC n’est pas de cet avis, insistant sur le fait que la « dangerosité sociale » et le risque de récidive violente de Woolley sont toujours évalués de modérés à élevés. 

Elle se dit « inquiète » qu’il reprenne sa place au sommet du monde interlope où il jouit d’une « importante notoriété ».

Gregory Woolley, opération Magot
Photo courtoisie

Tension

Le climat de tension qui secoue le crime organisé commande aussi la prudence.

La semaine dernière, un présumé rival de l’organisation de Woolley, le chef de gang Arsène Mompoint, a été tué par balles à Kanesatake, sur la Rive-Nord de Montréal. 

Le 1er juin dernier, notre Bureau d’enquête rapportait que plusieurs gros noms du milieu criminel, dont Woolley et ses alliés de la mafia, Leonardo Rizzuto et Stefano Sollecito, avaient été mis en garde par la police du fait que leur vie était en danger après la libération d’un ennemi de longue date, le caïd Raynald Desjardins. 

En maison de transition, Woolley suit un cours en ligne pour travailler dans un domaine légal que la CLCC tient secret, mais qui lui permettrait de « maintenir [son] ancien rythme de vie » et de satisfaire son « attrait pour l’argent ».


Woolley, ex-membre des Rockers, le plus violent club-école des Hells durant la guerre des motards, peut s’absenter de la maison de transition le jour, mais doit respecter un couvre-feu entre 23 h et 6 h. Ses mouvements font l’objet d’une surveillance électronique, car il a consenti à porter un bracelet muni d’un GPS.