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J'ai trouvé la gouverneure générale de 2026!

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Si vous habitez le Canada, vous avez 0,000 2 % de chance de travailler, un jour, pour Radio-Canada. 

Mais une fois chez le diffuseur public, vous faites un grand pas vers Rideau Hall. Vous avez alors 35 % de chance de devenir gouverneur général. Des gouverneurs généraux, c’est même ce que Radio-Canada fait de mieux. Depuis Vincent Massey, cinq de nos 13 gouverneurs généraux, dont la dernière, Mary Simon, sont passés par Radio-Canada.

Gouverneur général, c’est pas mal plus intéressant que gagner à la loterie « Gagnant à vie » où on n’a qu’une chance sur 1 200 000 de remporter 1000 $ par semaine. Gouverneur général, c’est plus payant aussi. On gagne 290 600 $ (par année) durant son mandat et on touche ensuite une rente à vie de 143 000 $, indexée par-dessus le marché. À côté de ça, « Gagnant à vie », c’est presque la misère.

Si vous êtes jeune et ambitieux, plutôt jolie ou beau bonhomme, la première étape consiste à franchir la porte de Radio-Canada. C’est peut-être un petit pas pour n’importe quel citoyen, mais c’en est un grand quand si on veut devenir l’alter ego de la reine Élizabeth au Canada.

LA PIONNIÈRE JEANNE SAUVÉ

Jeanne Sauvé fut la première « radio-canadienne » à franchir le pas. Après 20 ans de télévision pour « sainte » Jeanne (eh ! oui, quelques-uns de ses « fans » avaient pensé introduire à Rome sa cause en béatification), le premier ministre Pierre-Elliot Trudeau jugea qu’il l’avait assez vue au petit écran et, surtout, qu’il l’avait assez vue à la Chambre des Communes. 

Pierre-Elliott, qui ne portait pas Radio-Canada dans son cœur, en était venu à la conclusion que la meilleure façon pour le diffuseur public de justifier son existence serait de devenir une pépinière de vice-rois et de vice-reines. Les conservateurs, qui n’ont pas encore compris ce rôle crucial de Radio-Canada, continuent de nommer des gouverneurs généraux ordinaires qui font rarement la manchette. 

Une fois premier ministre, Jean Chrétien revint aux principes de Trudeau. Il nomma Roméo Leblanc, qui avait une grosse réputation comme correspondant de Radio-Canada à Londres et à Washington. Puis ce fut au tour d’Adrienne Clarkson. Elle transporta à Rideau Hall les habitudes princières acquises durant ses 30 ans de vedettariat à la CBC. 

Sous son règne débonnaire, le budget de Rideau Hall bondit de 19 à 41 millions $ par an. Une somme qui ne comprenait même pas ses robes et ses dessous, qu’elle a toujours payés de sa sacoche, comme c’est écrit dans ses Mémoires. Puis, Paul Martin nomma à Rideau Hall une autre vedette de Radio-Canada, la cheffe d’antenne Michaëlle Jean. Cette dernière poursuivit sur la route dorée de Madame Clarkson.

MA CANDIDATE POUR 2026 

Inexpérimenté, Justin voulut sortir des sentiers battus par ses prédécesseurs libéraux. Il nomma à Rideau Hall l’astronaute Julie Payette. On connaît le triste résultat. Dieu merci, à la veille de nouvelles élections, Justin est revenu à des valeurs sûres, Mary Simon ayant fait ses premières armes à Radio-Canada.  

En 2026, ce sera la fin du mandat de Madame Simon et de nouveau le tour d’un ou d’une francophone. À Radio-Canada depuis deux décennies, francophone de souche qui aura alors 73 ans comme Mary Simon aujourd’hui, Anne-Marie Dussault serait alors toute désignée pour Rideau Hall. Cerise sur le sundae, Marc Laurendeau, son conjoint (qui deviendrait alors son consort), possède déjà une garde-robe appropriée à ce rôle. En plus, c’est un spécialiste de la monarchie. Mon Dieu ! pourvu que les libéraux restent au pouvoir jusque là !