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Le doyen des Hells ne pourra porter ses «patches» du club

Michel Langlois, 74 ans, obtiendra sa libération conditionnelle ce mois-ci

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Photo d'archives, Martin Alarie Michel « Sky » Langlois, que l’on voit ici arborant ses « patches » des Hells Angels, qu’il ne pourra plus porter, aux guidons de sa Harley Davidson lors d’un rassemblement de motards qui a eu lieu à l’été 2016 à Carlsbad Springs, en banlieue d’Ottawa.

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Le doyen des Hells Angels du Québec, Michel Langlois, n’aura plus le droit de porter sa veste à l’effigie du gang de motards dont il est aussi l’un des membres fondateurs lorsqu’il retrouvera sa liberté.

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L’homme de 74 ans vient de se faire imposer cette mesure plutôt inusitée par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC), dans une décision rendue la semaine dernière et dont notre Bureau d’enquête a obtenu copie. 

  • Écoutez l'analyse d'Alexandre Moranville-Ouellet avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:   

L’ex-président provincial et national des Hells, que ses confrères surnomment « Sky », bénéficiera de sa libération d’office ce mois-ci après avoir purgé les deux tiers d’une peine de 58 mois de pénitencier.

Langlois avait été condamné pour gangstérisme, ainsi que pour sa participation à un réseau de trafic de cocaïne et de méthamphétamine lié aux Hells que l’Escouade nationale de répression contre le crime organisé a frappé en 2018 dans l’opération Objection.

Les lourds antécédents judiciaires et la notoriété de Langlois au sein des Hells, dont il a non seulement fondé le chapitre de Montréal en 1977, mais aussi le chapitre South en 1997, ont incité la CLCC à se montrer sévère à son endroit. 

Il sera donc soumis à une série de conditions dès son retour dans la communauté, et ce, jusqu’à l’expiration de sa peine en novembre 2022.  

Plusieurs conditions

La condition lui interdisant de porter ses « patches » aux couleurs des Hells Angels et d’afficher « tout autre élément ou effigie rappelant son soutien à cette organisation » est d’ailleurs une mesure rarement prise par la CLCC à l’encontre des motards. 

Langlois ne pourra pas non plus fréquenter toute personne qu’il sait être impliquée dans des activités criminelles comme le trafic de stupéfiants, ce qui devrait le tenir loin des rassemblements des autres membres des Hells ou de leurs clubs supporteurs.

Ce propriétaire d’érablière dont les contenants de sirop faisaient la promotion des Hells devra aussi éviter les débits de boisson, observer un couvre-feu et fournir ses états financiers au service correctionnel.

Le septuagénaire en est à sa quatrième peine de pénitencier d’une durée de deux ans ou plus, dont sa première pour complicité dans la fameuse purge interne où cinq Hells furent tués à Lennoxville puis jetés dans le fleuve, en 1986. 

Il a aussi été condamné pour complot d’importation de 178 kilos de cocaïne, ainsi que pour complot de meurtres à la suite de l’opération SharQc. 

Des Amateurs de moto 

Le vétéran prétend toutefois que sa carrière criminelle est « terminée » pour de bon. 

Langlois a déjà exprimé son désaccord aux commissaires qui lui reprochaient de faire partie d’une « organisation criminelle », estimant plutôt que les Hells Angels « sont un club d’amateurs de moto ». 

Selon lui, « la mauvaise réputation » de la bande est attribuable « au mauvais comportement de quelques membres seulement » et qu’il s’est « distancié » de ces derniers, sans toutefois les nommer.