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Les Innus veulent que l’ancienne école de Mani-Utenam disparaisse

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Des Innus de Uashat mak Mani-Utenam expriment leur désir de voir un autre symbole lié aux pensionnats autochtones disparaître: l’ancienne école de Mani-Utenam, transformée en centre de santé.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a d’ailleurs été sensibilisé à la question jeudi après-midi.

Le chef de Uashat mak Mani-Utenam, Mike McKenzie, a invité le ministre Lafrenière et son collègue, Jonatan Julien, ministre responsable de la Côte-Nord, à assister à une cérémonie sur le site de l’ancien pensionnat de Mani-Utenam qui a accueilli pendant 20 ans 4000 enfants innus.

Des fouilles seront éventuellement entreprises sur le terrain. Autant le gouvernement provincial que le gouvernement fédéral vont soutenir les démarches des Innus, qui s’enclencheront après un processus de recherche et de consultation dans la communauté. Il s’agit d’un sujet extrêmement délicat et sensible, a souligné Mike McKenzie à la suite de cette cérémonie.

«De notre côté, on est sûrs à 100% qu'il y aura des fouilles un peu plus approfondies. Est-ce qu'on va retrouver des choses? On veut mettre ensemble la communauté parce qu'on va peut-être rouvrir des plaies de ce qui s'est passé dans les années 70 ici à Mani-Utenam», a-t-il dit jeudi.

Juste de l’autre côté de la rue où est situé l’ancien pensionnat se trouve le centre de santé qui était autrefois l’école que fréquentaient les pensionnaires. Certains survivants affirment avoir vécu des sévices de la part des religieux à cet endroit. Si le pensionnat a été détruit au début des années 70, le bâtiment de l’ancienne école existe toujours. Le chef Mike McKenzie souhaite que le bâtiment soit détruit pour effacer les traces de ce douloureux passé.

«Il y a des gens de Mani-Utenam qui ne viennent plus consulter les infirmières ni les médecins parce qu'ils ont eu des sévices pendant la période des pensionnats. Est-ce qu'on va détruire le centre de santé pour en construire un autre?» a demandé Mike McKenzie.

Le ministre Ian Lafrenière estime qu’il s’agit d'une demande légitime.

«Très conséquent comme demande. On la comprend. Quand on regarde l'ordre des choses, on est là pour les soutenir, pour voir quelle démarche on pourra faire physiquement», a indiqué Ian Lafrenière.

Ce dernier a d’ailleurs précisé que les travaux du cercle de consultation avec plusieurs leaders autochtones ont débuté jeudi. Ce cercle a été créé pour guider le gouvernement dans les actions à entreprendre dans le dossier des pensionnats autochtones tout en respectant les volontés des différentes communautés.