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Souvenirs du match des étoiles Montréal 82

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Photo AFP Phénoménal au monticule, Shonei Ohtani sait aussi très bien se servir d’un bâton en plus d’exceller à la position de voltigeur.

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Depuis la venue des Expos dans le baseball majeur en 1969, je n’ai pas raté un match des étoiles. J’ai assisté à plusieurs parties et j’en ai analysé 29 soit à la radio ou à la télévision. J’ai même eu l’immense privilège de participer à l’organisation de la classique des étoiles à Montréal en 1982 sous les ordres de René Guimond, le vice-président marketing des Expos. 

Laissez-moi vous partager quelques souvenirs de ce match disputé au Stade olympique devant 59 057 spectateurs. 

Cinq Expos chez les étoiles

Cinq joueurs des Expos ont fait partie de l’équipe de la Ligue nationale. Steve Rogers, qui amorcé le match, a mérité la victoire. Gary Carter, André Dawson et Tim Raines composaient l’alignement partant tandis que Al Oliver faisait partie des réservistes. 

Voici une anecdote savoureuse de l’avant-match. Roone Arledge, un des géants des sports à la télévision était la tête dirigeante de ABC Sports. Avant le match, il avait convoqué une réunion de production. M. Arledge jugeait que les textes de présentation de l’annonceur maison Richard Morency étaient trop longs. Mon rôle était de coordonner les activités d’avant-match sur le terrain.

Après avoir écouté attentivement les directives de ce monstre sacré de la télévision sportive, j’y suis allé d’une recommandation.  

« Monsieur Roone, je lui ai dit, votre observation est excellente. Donc, nous allons faire les présentations seulement en français. » C’était à son tour d’être silencieux. Tout le monde attendait sa réaction. Il m’a regardé. Je n’ai pas bronché, mais croyez-moi, il était intimidant. Il s’est tourné vers tout le monde pour leur annoncer que par respect pour le peuple québécois, les présentations seront faites en anglais et en français. Après la réunion, nous nous dirigions ensemble vers les bureaux administratifs. Il venait de m’enseigner l’art de ne pas craindre de se corriger après s’être trompé aux yeux de ses collègues.  

Hymnes nationaux

Pour ce grand événement, le baryton québécois de renommée internationale Louis Quilicot avait été invité pour interpréter les hymnes nationaux. 

Lors des répétitions, il voulait s’assurer qu’une voiture puisse le conduire à sa position au champ centre, car la longue marche pourrait être épuisante. Ma réponse fut sans aucune hésitation « n’ayez aucune crainte ».

Un problème, il n’y avait pas de véhicule pour lui lorsque les cérémonies ont débuté. C’était à mon tour d’être dans une situation embarrassante, car il m’avait répété « pas de voiture, pas de chanteur ». 

En moins de deux, je me tourne vers l’un de mes adjoints, Rock Blackburn et le directeur de la sécurité des Expos, Gilles Desormeaux pour leur dire, « Les gars, ils nous restent cinq minutes pour lui trouver une limousine ».

Dans les gradins, le commissaire du baseball Bowie Kuhn était assis aux côtés du président des Expos, John McHale. En regardant la limousine se diriger vers le champ centre avec M.Quilicot à bord, Kuhn souffle à l’oreille de M. McHale que la limousine ressemblait étrangement à la sienne. ... Il avait raison, nous avions emprunté sa luxueuse voiture sans lui demander. 

Ohtani passe à l’histoire 

Le joueur de l’heure dans le baseball majeur est sans aucun doute, Shohei Ohtani. 

Le gérant de la formation de la Ligue américaine, Kevin Cash a confirmé que l’athlète japonais serait utilisé comme, frappeur de choix au match des étoiles le 13 juillet au Coors Field de Denver puisqu’il a été élu à ce poste par les partisans et comme lanceur de relève. Ainsi, un nouveau chapitre s’ajoutera à la belle histoire du baseball majeur. 

La beauté du sport est d’avoir la chance de se corriger là où on a erré. Je connais un analyste de baseball, pour ne pas le nommer, moi, qui ne croyait pas que Shohei Ohtani pourrait connaître autant de succès comme lanceur, frappeur de choix et encore moins comme voltigeur dans une saison. Tout comme un gérant qui prend une mauvaise décision qui coûte la victoire, c’est à mon tour aujourd’hui de me souvenir de la leçon d’humilité de Roone Arledge « l’art de ne pas craindre de se corriger après s’être trompé aux yeux de ses collègues ».