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Vite, brûlons les livres «dangereux»!

martineau
Photo courtoisie On a fracassé les vitres d’une librairie...

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Je suis présentement à Paris et, comme je le fais chaque fois que je suis là-bas, je me suis arrêté à La Nouvelle Librairie, en face du Jardin du Luxembourg, pour faire le plein de bouquins. 

Les deux vitrines de la librairie étaient fracassées.

LES CAGOULARDS

« Que s’est-il passé ? ai-je demandé au propriétaire.

— Bof, comme d’habitude, des militants sont venus briser nos vitrines avec des pics, m’a-t-il répondu, résigné. 

— Vous n’avez pas de caméras de surveillance qui vous auraient permis de les identifier ?

— Oh, vous savez, la plupart du temps, ces individus sont cagoulés. Et puis mes vidéos n’auraient servi à rien étant donné que selon la loi française, on n’a pas le droit de filmer les gens à l’extérieur, alors... »

Bienvenue en 2021, où les défenseurs de la diversité s’en prennent à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. 

La diversité ethnique, ça oui, c’est une richesse, la diversité religieuse aussi, mais pas la diversité de pensée. 

Comme disait Henry Ford lorsqu’il a ouvert sa première usine : « Les gens peuvent commander une auto de la couleur qu’ils veulent, en autant qu’elle soit noire. »

ÉCRIRE DE LA MAIN DROITE

Je sais ce que vous vous demandez : mais quelle sorte de livres vend cette librairie pour qu’elle soit attaquée de la sorte ?

Rien d’explosif. Des livres d’Histoire, de philosophie, de sociologie, des essais, des romans, des classiques... Mais avec un biais conservateur. 

Des essais qui regardent le monde de l’œil droit plutôt que de l’œil gauche. 

Des livres d’auteurs qui trouvent que l’autre mot en « n » (« nationalisme ») ne devrait pas être banni du dictionnaire. 

Des intellectuels qui, comme Mathieu Bock-Côté, dénoncent – avec des mots, pas avec des bâtons ou des pics – la rectitude politique, la folie décolonialiste, la théorie du genre, la religion woke et la bien-pensance. 

Oh, je ne suis pas d’accord avec tous les écrivains qu’on retrouve sur les rayons de cette petite librairie, je trouve que certains vont trop loin, mais, bon, si on peut vendre sans problème l’œuvre complète de Lénine, les essais gratinés d’Alain Badiou (un philosophe communiste qui défend les Khmers Rouges de Pol Pot !), les délires staliniens de Jean-Paul Sartre et le petit livre rouge de Mao (qui, faut-il le rappeler, fut le plus grand tueur de l’Histoire), je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas vendre les ouvrages de ces auteurs qui ne prônent ni le retour des goulags ni le recours à la famine pour tuer leurs détracteurs.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

LE BON VIEUX TEMPS DES AUTODAFÉS

Quelle drôle d’époque, quand même, que la nôtre, où les militants qui s’autoproclament « antifascistes » défoncent des vitrines de librairies, multiplient les appels à la censure, forcent l’annulation de conférences et rêvent du bon vieux temps où l’on pouvait brûler en toute impunité – et sur la place publique ! – les livres « dangereux ». 

Si au moins ces gens étaient courageux !

Même pas.

Non seulement ils se masquent le visage, mais ils défendent des causes qui font l’unanimité, tant dans les médias que dans les universités !

La seule chose qu’ils risquent... est de décrocher des postes de profs ou de cadres dans des institutions culturelles !

Bonjour l’audace !