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Des barrages sans entretien rendent les routes inutilisables

Ni les riverains, ni la municipalité, ni le gouvernement ne veulent payer à Chertsey

GEN - JOCELYN GAGNON
Photo Martin Alarie Jocelyn Gagnon devant la rue des Glaïeuls, qui passe sur le barrage du lac à L’Orignal, fermé à la circulation depuis quatre ans à cause du piteux état de l’infrastructure.

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Les barrages sont dans une telle décrépitude à Chertsey que des citoyens s’inquiètent pour leur sécurité, alors que les travaux d’entretien sont retardés depuis des années parce que personne ne veut les payer.

« Tout le monde profite de la bureaucratie pour se lancer la balle », se désole Jocelyn Gagnon, dont la résidence secondaire est située sur le bord du lac à L’Orignal, l’un des nombreux lacs artificiels dans Lanaudière qui reposent sur un système de barrage. 

Celui de ce lac est si vétuste que les automobiles ne peuvent plus rouler dessus depuis quatre ans. 

Pour rejoindre le village, les résidents du secteur doivent depuis faire un détour de 4 kilomètres à travers des chemins de terre. 

Difficile d’accès pour les urgences

« C’est dangereux, déplore M. Gagnon. Il y a beaucoup de personnes âgées ici et je ne sais pas comment l’ambulance ferait pour passer. L’autre jour, l’un de mes voisins a eu à appeler la police et les agents ont dû rappeler trois fois pour trouver leur chemin. »

Le calvaire des résidents de l’endroit aurait pu prendre fin s’ils avaient accepté le dernier projet de réfection du barrage.

Or, les citoyens savaient trop bien que ces travaux estimés à 800 000 $ risquaient de devenir un véritable gouffre financier, surtout que le ministère de l’Environnement entretenait un flou sur sa participation. 

Pas le seul barrage

« Mon compte de taxes aurait pu monter de 10 % par an pendant 30 ans », estime M. Gagnon.  

À quelques kilomètres de chez lui, les riverains du lac Beaulne ont eu le même raisonnement l’automne dernier lorsqu’ils ont refusé par référendum le projet visant à réparer leur barrage. 

Quelques semaines plus tôt pourtant, une partie de la route qui passe sur l’infrastructure s’était carrément affaissée, forçant la municipalité à procéder à des travaux d’urgence. 

« Je suis inquiète pour la sécurité de nos citoyens », indique la candidate à la mairie, Michelle Joly. 

Québec interpellé 

Cette actuelle conseillère municipale vient de lancer une pétition pour que Québec augmente son enveloppe budgétaire dédiée à la réfection des barrages. 

Ainsi, la pression financière sur la municipalité serait moins forte et les citoyens n’auraient plus à craindre une hausse de taxes fulgurante. 

« Il faut être réaliste par contre, Québec ne paiera jamais au complet », réplique François Quenneville, le maire de Chertsey, où ce sujet divise riverains et non-riverains.

Chez ces derniers, plusieurs souhaitent que seulement ceux qui habitent près des barrages assument les coûts des travaux. 

« On ne veut pas payer plus de taxes pour des lacs auxquels on n’a même pas accès », s’indigne une citoyenne qui a requis l’anonymat par peur de froisser certaines personnes de sa communauté.