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Ducharme a raison, mais...

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Photo d’archives Dominique Ducharme le répète. Il veut mener sa troupe à bon port l’an prochain.

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Dominique Ducharme veut répéter en espérant un résultat bien différent. « On n’arrêtera pas. Ce groupe mérite de gagner le championnat. Il est venu si près. Trois victoires seulement nous séparent de la coupe Stanley. Si on avait obtenu le résultat escompté lors du deuxième match, on jouerait encore. »

L’entraîneur du Canadien a démontré clairement qu’il avait l’étoffe d’un bon coach, qu’il était un exceptionnel communicateur et qu’il avait convaincu un groupe de vétérans de le suivre dans cette grande aventure que représentent les séries éliminatoires.

Ils ont embarqué sans la moindre hésitation et, à partir du cinquième match de la série contre les Maple Leafs de Toronto, ils ont gagné le cœur de leurs partisans.

Lettres de noblesse

Le Canadien n’a pas perdu. Il a redonné au hockey ses lettres de noblesse. Il a convaincu les plus jeunes que le Canadien était toujours un grand rassembleur et que les prochaines saisons pourraient être captivantes.

Pendant six semaines, ils ont participé à une grande fête et leur hôte, le Canadien, n’a rien oublié pour qu’ils vivent une expérience unique, qu’ils rêvaient de vivre un jour, mais qui, trop souvent, semblait impensable. 

De l’autre côté de la barricade, il y avait Jon Cooper, cet entraîneur qui ne reçoit pas toujours le mérite qui lui revient. Comme Ducharme, il a affronté l’adversité sous toutes ses formes. Il a dirigé une équipe exceptionnelle en gardant en perspective qu’il y avait un obstacle important qu’il fallait contourner chaque jour. « Ces gars-là ont bataillé ensemble en sachant très bien que l’an prochain, certains joueurs quitteront. »  

Ducharme voit de belles choses pour les prochaines années. Cooper s’inquiète sur les conséquences qui accompagnent la conquête de la coupe Stanley. Les Penguins de Pittsburgh végètent. Les Kings de Los Angeles ne vont nulle part. La reconstruction des Blackhawks accuse un long retard.

Des défis

Le plafond salarial a passé comme une tornade laissant ces organisations devant l’inévitable. Des changements s’imposent au niveau des effectifs... et, habituellement, la réalité frappe durement. Le Lightning a gagné deux coupes Stanley d’affilée dans des circonstances particulières. Un exploit remarquable, un exploit qui démontre la force de caractère des membres de l’organisation. Elle aura un autre défi de taille qui l’attend au cours de l’entre-saison. Comment l’imiter les dégâts qu’occasionnera la gestion des salaires ?

Ce sera aussi un défi de taille pour Marc Bergevin. Il serait étonnant que Tomas Tatar soit de retour. Jon Merrill et Erik Gustafsson étaient de passage. Eric Staal également.

Corey Perry ? Il mérite un autre contrat d’un an, à un prix raisonnable. Et, il y a le dossier Jesperi Kotkaniemi.

Pourquoi KK ? Que faisait-il dans les gradins lors des deux derniers matchs ?  

Comme le dossier de Alexander Romanov. A-t-il mal paru lors des deux derniers matchs ? Non.

Un nouveau Patrice Bergeron

Cependant, ce qu’on doit retenir, c’est que le CH a découvert un autre Patrice Bergeron. Y a-t-il un meilleur exemple pour dresser le profil de Nick Suzuki, un joueur capable d’exceller sur 200 par 85 pieds, peu importe la mission qu’on lui confie ? Il a confirmé son titre de meilleur centre de l’organisation. 

Un fait est certain. Ducharme ne pourra se tourner vers les mêmes effectifs parce que le Canadien n’échappe aux contraintes des nombreux règlements rattachés à la séance de l’expansion et aux engagements sur le plan financier.

Pour l’instant, le plafond salarial s’établit à 66,8 M$ pour 15 patineurs. Marc Bergevin – va-t-il accepter ou obtenir une nouvelle offre de Geoff Molson ? – disposera alors de 14,6 M$ pour colmater les brèches, pour donner encore plus de punch à son attaque. On a résolu une partie du problème l’an dernier avec l’arrivée de Josh Anderson et Tyler Toffoli, mais il faut plus.

Déjà, les jeunes ont fait un énoncé. Ils peuvent prendre les guides... mais ils auront toujours besoin des conseils de certains vétérans.

L’entre-saison nous réserve des surprises. Sur la patinoire, la saison a pris fin. Une saison remplie de bouleversements, mais qui a mené à une fin de printemps et un début d’été enivrants grâce à une équipe luttant à chaque match avec l’énergie du désespoir. Une équipe fière et allant jusqu’au bout de ses ressources. Maintenant, c’est la saison des décideurs qui s’ébranle.

Un manque de classe 

Nikita Kucherov appartient à l’élite des joueurs de la Ligue nationale, mais sur le plan social, il manque de classe. J’ignore si les célébrations ont atteint son sens de l’analyse, mais quand il attaque les partisans du Canadien qui, dit-il : « De la façon dont ils ont réagi, ils croyaient avoir gagné la coupe Stanley, vous me niaisez quoi ? » Juste pour rappeler à Kucherov que les partisans québécois, surtout ceux de Québec et de Rouyn-Noranda, ont applaudi ses exploits lors de sa carrière dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Maintenant, il peut s’attendre à une réponse bruyante des partisans du Tricolore à chacune de ses visites au Centre Bell. Ce ne sera pas chic.

Également, qu’il se porte à la défense de Andrei Vasilevskiy parce qu’il n’a pas gagné le trophée Vézina qu’on a remis « à... celui de Vegas et il y a deux ans, celui... ». Pour l’information Kucherov, celui de Vegas est Marc-André Fleury et celui... est Connor Hellebuyck. Un peu de respect également pour ses pairs.

Le silence...

Quelques questions :

– Que réserve l’avenir à Jonathan Drouin avec le Canadien ? Depuis qu’il a pris un congé à la suggestion de l’organisation, c’est le silence. Il reste encore deux ans à son contrat de 5,5 millions $ par année...

– Quelques attaquants qui pourraient se prévaloir de leur statut de joueur autonome sans compensation : David Krejci, Gabriel Landeskog, Taylor Hall, Mike Hoffman, Zach Hyman, Blake Coleman, Mikael Granlund, Barclay Goodrow, Jaden Schwartz, Alexander Wennberg. Y aura-t-il un intérêt pour Marc Bergevin ?

– Quelques joueurs qui aimeraient changer de décor. Vladimir Tarasenko, Oliver Ekman-Larsson, Johnny Gaudreau, Evgeny Kuznetsov, Jack Eichel, Matthew Tkachuk... Bergevin a-t-il pris des notes ?